2 minutes au banc des punitions

DEUZAN. Quelle belle phase! Honnêtement, j’adore cette étape dans la vie de ma fille. Elle gagne en maturité et en autonomie, elle arrive à soutenir une petite discussion avec les membres de son entourage, elle s’exprime bien en lien avec ce qu’elle veut et ce qu’elle ressent et elle développe des habiletés et un langage encore plus impressionnant.

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Mais deux ans rime aussi avec beaucoup de confrontations. Disons que, souvent, je dois «tourner ma langue dans ma bouche» plusieurs fois avant de parler et que je dois prendre de grandes respirations. Je ne suis pas la personne la plus patiente donc être maman me donne de nombreuses occasions de faire du travail sur moi-même.

Il faut savoir que l’étape du deux ans, bien connue sous le nom de «terrible two», est une période de grand apprentissage pour l’enfant.

C’est au cours de cette période que l’enfant commence à réellement définir sa personnalité. Il teste les limites de ce qu’il peut ou ne peut pas faire, à son grand désarroi. (Et s’assure bien évidemment de les tester avec chacun des membres de son entourage. C’est drôle, mamie est toujours plus «lousse» que maman! Il cherche à acquérir encore plus d’autonomie en voyant l’éventail de ses capacités s’élargir, mais malheureusement, n’a pas toujours les moyens de ses ambitions, ce qui cause de nombreuses frustrations. Il vit aussi plusieurs nouvelles émotions qu’il a encore beaucoup de difficulté à mettre en mots, ce qui se traduit souvent par des crises de larmes ou de colère. Finalement, il faut aussi prendre en considération qu’à cet âge, l’enfant vit pratiquement uniquement dans le moment présent et donc il a de la difficulté à mettre les situations en perspective.

Revenons à ma «deuzan». Malgré le fait que je travaille beaucoup, de mon côté, ma patience, il reste que je ne peux malheureusement pas faire abstraction des sautes d’humeur et des obstinations quand il s’agit de ma fille. Je suis une mère plutôt sévère, dans le sens où je ne répèterai pas trente-six fois la même consigne et que la conséquence que je vais indiquer, je vais m’assurer de la mettre en application. Ma fille comprend très bien qu’avec maman, on écoute.

Bien entendu que je ne suis pas une mère parfaite et que, comme tous les parents, je choisis mes batailles.

Mais lorsqu’il est temps de me faire écouter et comprendre, j’ai l’impression qu’à cet âge-là, ça ne fonctionne qu’avec des «menaces». Et je trouve ça dur! Je ne suis vraiment pas de ce type-là tout court dans la vie et je trouve ça lourd avec ma fille. J’ai l’impression d’être constamment en train de lui dire «si tu ne fais pas ça, tu vas…» ou «si tu ne manges pas ça, tu n’auras…».

J’ai l’impression que ma fille passe beaucoup trop de temps au «banc des punitions».

C’est même rendu à un point où lorsque je regarde ma fille d’une certaine façon, elle sait déjà ce que je vais dire et prend les devants en me répondant: «ok maman, va aller me coucher». Puis elle se rend dans sa chambre. Pouvez-vous y croire! Je n’ai même plus la chance de lui faire faire ce que je veux, elle prend l’initiative d’y aller avec la «conséquence».

Contrairement peut-être à d’autres parents, ce n’est pas la phase du deux ans que je trouve difficile, c’est plutôt la dynamique de la relation entre nous deux.

J’ai l’impression de passer mon temps à la chicaner et je trouve ça assez triste, malgré le fait que je sais qu’il s’agit en quelque sorte d’un mal nécessaire. Je sais que cette période définira énormément quel genre d’enfant elle deviendra et que ça établira les bases du genre d’éducation que je veux lui donner.

Mais bon, comme toutes les étapes que j’ai vécues avec elle depuis sa naissance, je me console en me disant qu’il ne s’agit que d’une phase.

Que tout le «nouveau» et le positif qu’apporte chaque nouvelle phase vaut cent fois plus que le négatif qui en ressort.

Ce fut d’ailleurs mon mantra pour passer à travers la première année de naissance de ma fille, qui était un bébé très exigeant.

Une chose est certaine malgré cette phase plus difficile, je pense qu’il n’y a pas de limite à l’amour que j’ai pour elle et je ne manque aucune occasion de lui faire savoir, lui faire ressentir. Elle aura peut-être la maman la plus sévère parmi toutes celles de ses ami(e)s, mais elle aura certainement celle qui l’aimera toujours «à l’infini +1».

Kim B.