2020… ce que j’ai à te dire, à toi mon épine dans le pied

Que dire à une année merdique qui passera à l’histoire? À une année dont le déroulement n’aurait jamais effleuré l’esprit de qui que ce soit. Est-ce que face à la personne la plus horrible au monde je trouverais les mots justes pour exprimer ce que je ressens? Je crois que la première chose qui me viendrait à l’esprit ressemblerait probablement à «pourquoi?» suivi d’une panoplie de mots très vulgaires.

2020, tu as été l’année de la COVID bien sûr, mais pour moi, tu as aussi été l’année de mon long et douloureux TCC (traumatisme cranio-cérébral).

Une année de changements en tout genre où ma vie a été mise sur pause bien malgré moi. Une année à oublier pour la majeure partie.

J’imagine que tu t’es dit: «Hey la grande, je trouve que ta vie manque un peu de piquant. Pourquoi je ne te cognerais pas la tête deux fois en deux jours et qu’ensuite je ne t’enverrais pas une petite pandémie question d’agrémenter ta convalescence qui ne sera déjà pas assez stressante comme ça. Mais ne me remercie surtout pas. Ça me fait plaisir. Ah oui et au travers de tout ça je vais t’envoyer des petites ou grosses embûches de temps en temps question que tu t’habitues pas trop à juste penser à ta santé, au virus et à tout ce qui en découlera. Love, 2020.»

Tu m’as même fait croire, pendant 3 mois, que j’avais une maladie grave. Ce qui s’est au moins avéré n’être rien. Et le glaucome là… C’était vraiment nécessaire?

Tu sais 2020, t’es un peu comme la flaque d’eau dans l’entrée, laissée par les bottes d’hiver dans laquelle on pile avec nos bas.

Comme le vomi du chat sur lequel on tombe dans la cuisine. Comme une  gorgée de café froide. Comme les bas qui roulent dans les souliers. Comme la motte de neige qui fond dans le dos. Comme une rage de sucre insatisfaite, parce qu’il ne reste que des céréales santé et l’emballage de biscuits vide laissé par les enfants. Comme une ado qui passe du primaire au secondaire. D’ailleurs on va devoir s’en reparler de ça. Comme une brassée de lavage oubliée dans la laveuse. Comme la goutte de pipi laissée par ton petit gars et sur laquelle tu t’assoies en pleine nuit quand tu n’ouvres pas la lumière ou comme le tour des lutins de Noël que t’as oublié de faire et à laquelle tu penses une fois bien emmitouflée dans ton lit.  Tu es tout ça, fois mille et plus encore.

Tu m’as blessée physiquement, mentalement, amoureusement, amicalement, familialement et professionnellement. Il n’y a pas une sphère de ma vie que tu n’as pas écorchée au passage. Parfois un peu, parfois trop.

J’ai souvent dit à la blague que tu essayes de me tuer depuis décembre 2019 (le TCC), mais je pense que c’est vraiment le cas. Désolée gang, la pandémie… ma faute! J’ai résisté, alors tu as commencé à envoyer ta version des plaies d’Égypte. Je suis impatiente d’avoir une éruption de furoncles tout en regardant les eaux du fleuve St-Laurent se changer en sang pendant que des oiseaux morts me tombent sur la tête. Ça va être divertissant tout ça! Ça fera changement de voir autre chose aux nouvelles que les statistiques que tu laisses derrière toi.

Par contre, je dois être honnête et t’avouer qu’il y a quand même eu du positif. Mais j’hésite à te le dire et surtout à t’en remercier. J’ai peur que tu le prennes comme un défi. Grâce au confinement et à ma convalescence, j’ai passé plus de temps de qualité avec mes enfants. Nous avons fait une tonne d’activités que nous ne prenions jamais le temps de faire auparavant.

Notre petit trio a été très efficace pour se changer les idées et avoir du plaisir au travers des bouts noirs. Nous avons pris le temps de vivre un peu. C’est une leçon à retenir.

Mais est ensuite arrivée l’école à la maison. On se reparlera de ça aussi! J’ai également appris, ou commencé à apprendre du moins, beaucoup de choses sur moi. Je suis maintenant plus à l’écoute de mon corps. Ça semble cliché, mais c’est pourtant le cas. Par contre ces temps-ci il est clairement sur Food Chanel et je voudrais bien qu’il passe au Canal Sport.

2020, peut-être ne sais-tu pas comment adoucir ton karma pour l’année à venir. Je vais te dire ce que moi je souhaite pour t’aider. Je veux toutes les choses qu’on se souhaite habituellement à la fin de l’année. Du bonheur, de l’amour et de la santé. De la belle grosse santé aux joues roses là! De la santé qui nous permet de se coller à ceux qu’on aime. Qui nous permet d’assister aux mariages pour y danser comme des déchainés toute la nuit et de goûter au drink du voisin. Celle qui nous laisse appeler nos amis pour leur dire qu’on se retrouve toute la gang à la microbrasserie du coin. Celle qui nous laisse ouvrir nos chaleureuses maisons pour s’y rassembler le temps d’une bonne bouffe avec autant de monde que la table peut en supporter. La santé qui permet de s’organiser un voyage dans le sud en troupeau ou un voyage de ski dans un chalet avec de la visite couchée sur le divan et partout où on peut mettre un matelas. La santé qui nous permet de tout simplement s’aimer en chair et en os et comme on le souhaite. C’est ça que je veux.

À vous tous cher(e)s guerrier(e)s de 2020, je vous souhaite tout ça et bien plus encore.

Avec douceur,

GE

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À propos de l'autrice

GE

Originaire de la Côte-Nord, notre collaboratrice trouve l’essence de son bonheur dans sa famille. Maman veuve de deux enfants, elle chérit tous les moments passés avec ses deux petits humains préférés, tout en les guidant à devenir de grands humains heureux, épanouis et responsables.

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