3,2,1…Décollage!

Au moment où je débute ce billet, je suis assise dans l’avion au retour de Genève vers Montréal. L’agente de bord vient de nous assigner nos nouvelles places et de nous offrir ainsi trois sièges au lieu de deux pour mes deux filles (Marion 3 ans et Livia un an et demi) et moi.

Heureusement, car la dame qui était auparavant devant moi demandait à ma fille de «se la fermer» et râlait à chaque petite exclamation de leur part. Tsé quelqu’un qui aime la vie..!

Moi qui, quelques minutes avant, me disais que je n’avais pas remercié ASSEZ le monsieur qui nous avait aidées dans l’autobus nous menant à l’avion avec la poussette.

Je savais qu’en voyageant seule avec deux enfants en bas âge serait du sport. Ce n’était pas vraiment le temps DANS l’avion qui me stressait, mais plutôt la logistique entourant les déplacements entre les différents points.

J’ai quand même bien juste deux bras, et c’est moi où on doit présenter nos papiers un nombre exagéré de fois dans les aéroports?

Même si j’ai souvent voyagé et que je m’étais préparée à plusieurs possibilités, j’avais tout de même sous-estimé cet aspect. Du moins pour l’aéroport de Genève. Nous étions dans une canicule un 30 juin (début des vacances scolaires pour les Suisses) et l’aéroport était bondé et sans air climatisé vraiment efficace. Les gens étaient trempés comme dans un sauna. Le vol a eu presque quatre heures de retard, tout pour aider. Mais pour ça, mes filles sont bonnes. Elles aiment se promener en poussette, écouter de petites émissions et n’ont généralement pas trop la bougeotte (donc pas un besoin de courir pour dépenser l’énergie).

Le comble a été au moment de l’embarquement. Il n’y a eu aucun embarquement prioritaire pour les familles.

J’y suis allée comme je le voulais. J’ai donné nos papiers pour un contrôle (une 5e fois pour ce vol seulement) pour ensuite me rendre compte que c’était un grand escalier qui nous menait sur la piste plus bas, pour ensuite se coincer tous dans un autobus qui nous mènerait à l’avion où on allait devoir regrimper des marches pour enfin monter à bord.

J’avais ma plus petite complètement endormie dans la poussette, écrasée par la chaleur, ma grande qui commençait à être affectée elle aussi par cette température caniculaire qui me collait aux jambes, trois sacs à dos à gérer et les satanés passeports et cartes d’embarquement. La préposée du haut de son escalier de me demander si j’allais avoir besoin d’aide! «Vous en pensez quoi madame?» En bas, ce sont des passagers qui ont eu pitié de la situation et qui nous ont aidées avec la poussette et l’autobus.

On a eu droit à un banc pour nous trois, collées sur une cinquantaine d’autres personnes avec un bon 10 degrés de plus de chaleur accablante. Une petite qui dort toujours, molle comme une guenille, une grande qui pleure car elle s’est blessée en montant et une maman qui se demande vraiment ce qui lui est passé par la tête de faire ce voyage. Est ensuite venu le temps de descendre de l’autobus sur le tarmac, de rapatrier tous nos effets et de plier la poussette, le tout avec une seule main, puisque mon bébé dormait toujours bien profondément dans mes bras. Les gens voulaient m’aider, mais je leur aurais fait faire quoi? Tenir mon bébé endormi? Plier ma poussette en suivant mes directives orales? Ranger mes passeports? Car à ce sujet, durant tout ce processus, les passeports et papiers sont tombés trois fois par terre et je les ai finalement rangés au fond du sac à dos avant de faire l’ascension vers l’appareil.

Arrivée dans l’avion, je n’ai pas présenté ma carte d’embarquement. «No way madame! Le 37H et 37K je sais c’est où! Et je vous jure qu’on a affaire ici, je ne crois pas qu’il y ait possibilité qu’on se soit trompé de vol, ça a été vérifié déjà quelques fois tsé…»

Bref! C’est fou comme dans ces moments-là on doit se dire qu’on n’a pas le choix. Qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

Durant le restant du voyage j’ai dû gérer deux enfants qui ne dorment pas simultanément, une crise de la petite en même temps qu’une urgente envie de caca de la plus vieille (trois dans une toilette d’avion… touche à rien, ne bouge pas! Ben oui toi!), le carrousel à bagages partagé entre six vols et, encore là, un bébé qui ne se peut plus et j’en passe!

On a fait un beau voyage oui. Plus qu’heureuses de retrouver mon mari, leur papa, à l’aéroport.

Mais à quand la téléportation svp?

Marie-Clovis L.-D.