Quand la soirée de tes rêves vire au cauchemar

Aujourd’hui je voulais me vider le coeur sur une situation. Parfois plusieurs têtes valent mieux qu’une. Alors mon histoire va comme suit…

Cette année, pour ma fête, j’ai décidé de m’autogâter! Je n’ai jamais eu de grosse fête d’anniversaire, même toute petite. En fait je n’aime pas trop être le centre d’attention en général, mais je me suis dit pour une fois dans ma vie j’allais être la reine du bal. 

Alors j’ai loué un super chalet de luxe pour 4 jours dans le nord avec sauna, spa (détail qui reviendra me hanter plus tard), foyer sur la plage près du lac, 6 grandes chambres à coucher.

Bref, la grosse affaire. Et j’ai décidé d’inviter mes meilleurs amis (en couple ou célibataire) à venir fêter avec moi et ma famille pour la soirée du samedi au dimanche le tout à mes frais.

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Tout le monde a dit oui, j’étais ravie! Comme c’est important pour la suite de l’histoire, je dois dire que mes enfants étaient présents comme nous devions rester les 4 jours, mais ils sont grands maintenant et savent se divertir quand ils trouvent les adultes ennuyeux. Un autre couple a choisi d’amener leurs enfants qui sont plus petits. Ça ne me dérangeait pas du tout.

J’avais tout organisé pour que ce soit la soirée de mes rêves.

Mais c’était beaucoup plus d’organisation que je croyais. Tout s’est super bien déroulé jusqu’au souper. Tout le monde était de bonne humeur, le plaisir était au rendez-vous, mais pas le beau temps! De toute façon, j’avais prévu des activités à l’intérieur pour la soirée étant donné que j’ai une maladie de la circulation qui m’empêche de rester longtemps au froid (c’était quand même l’automne bien avancé à ce moment-là). On était tous au salon et on s’amusait bien. Les petits enfants étaient au lit, les grands enfants étaient tranquilles et les adultes faisaient la fête.

À un moment j’ai dû retourner en cuisine régler des détails imprévus, à mon retour le salon était déserté. J’étais seule dans le chalet.

J’ai fait le tour et j’ai réalisé que pendant mon absence, les invités avaient décidé que ce serait génial d’aller dans le spa. Ils étaient donc tous partis, mon mari et mes enfants inclus. Moi, j’ai peur de l’eau. Depuis toujours. Tout le monde le sait dans mon entourage. C’est pas une peur, c’est une phobie en bonne et due forme. Alors impossible pour moi de les rejoindre, et à cause de ma maladie, c’était tout aussi impossible pour moi d’aller me tenir debout à côté du spa pour plus de 5 minutes.

Bonne fête à moi! Toute seule à pleurer sur le coin de la table de cuisine d’un chalet qui me coûtait une fortune. 

Et c’est là que j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à pleurer. J’entendais une petite voix appeler à la chambre à l’étage. J’ai réalisé que le couple d’amis était à l’extérieur et n’avait aucun moyen de savoir si leurs enfants se réveillaient à part moi bien sûr! De la grande fêtée que je rêvais d’être j’étais devenue la baby-sitter! Quelle débarque!

J’ai contemplé l’idée d’aller chercher l’un des parents que je savais assez pompette et attendre qu’il sorte du spa, se sèche et aille voir son rejeton en larmes, mais j’ai eu peur que ledit enfant de 3 ans décide de se lever dans un endroit inconnu, de descendre le grand escalier très à pic tout seul à moitié endormi avec sa doudou dans la main. Ma tête de maman voyait déjà le pire scénario. Alors j’ai essuyé mes larmes et je suis montée le voir. Il voulait un verre de lait chaud pour se rendormir. Je l’ai ramené avec moi à la cuisine, on a bu le verre de lait, puis on a chassé la suce perdue dans le grand lit avant de chanter une berceuse et de se rendormir.  Une fois terminé je suis allée me rasseoir seule dans la cuisine à contempler le reste de ma soirée de fête.

C’est à ce moment-là que la maman du petit déploré est entrée dans le chalet pour se refaire un petit drink.

Elle me regarde sans me voir et me cri: WOUHOUU C’EST TA FÊTE MON AMIE!!! Elle me crie ça comme si j’étais en train de m’éclater des mini feux d’artifice de plaisir avec moi-même. Et je dois avouer que là ça a été la proverbiale goutte d’eau qui a fait déborder mon vase. Je l’ai dévisagée et je lui ai dit d’un ton très sec qui tranchait définitivement avec son ton festif: «Ben oui c’est ma fête aujourd’hui et c’est moi qui s’occupe de ton enfant qui pleure pendant que tu t’enfiles des drinks le cul dans l’eau chaude.» D’accord c’était pas mon meilleur moment. Mais j’étais à bout après des semaines d’organisation et d’anticipation de me voir oubliée dans un coin et reléguée au rang de baby-sitter, c’était plus que ce que mon coeur pouvait en prendre.

Vous auriez réagi comment si vous étiez moi? Et si vous étiez elle?

Parce que voilà, elle, elle ne l’a pas pris du tout. Fâchée, elle est allée s’enfermer dans sa chambre (après avoir lancé mon sèche-cheveux qui était resté dans sa chambre directement dans le corridor sans soin). Le lendemain matin, alors que je ramassais les restes de la fête, son mari est venu aider, quand je lui ai souhaité un bon matin, il ne m’a pas regardée ni répondu. J’ai essayé de lui parler pour lui expliquer ce qui était arrivé, mais il ne m’a jamais écoutée ni même laissée finir une phrase. Il m’a dit que j’avais insulté sa femme et que je l’avais envoyé chier et qu’ils ne me le pardonneraient jamais. Peu de temps après, ils ont pris leurs affaires et ils sont partis. Plus tard, parmi mes cartes de souhaits j’ai trouvé un mot gribouillé sur le papier à entête du chalet qui me donnait un char de bêtises, gracieuseté de mon «amie».  Et voilà où j’en suis aujourd’hui. À ce jour, je ne les ai jamais revus. Ils sont complètement disparus de ma vie. J’ai beau revivre la soirée dans ma tête plusieurs fois par jour, je comprends que j’ai été sèche avec ma réplique, mais je n’ai fait que dire la vérité. Dans mon cœur, le manque d’égard de mes invités me fait beaucoup plus de peine.

Oh et pour vous dire, le lendemain, quand les invités ont dessoûlé et réalisé qu’ils m’avaient laissée toute seule le soir de ma fête, ils m’ont tous offert leurs excuses sincèrement et je n’ai été ni fâchée, ni rancunière avec personne, même le lendemain en me levant j’étais de bonne humeur et souriante. C’est arrivé, c’est plate, c’est fini. Sauf pour vous savez qui…

Alors vous en pensez quoi?

Anonyme