Aimer à en avoir mal

La maternité amène son lot d’émotions et de défis. Avant d’être enceinte, je me plaisais à m’imaginer être une maman heureuse avec un (ou des enfants) ainsi que mon mari. Ces images (probablement romancées) me comblaient de bonheur. Quand l’homme et moi discutions de nos projets de fonder une famille, je disais « je ne le connais pas, mais je l’aime déjà ce bébé. » J’ai chéri le rêve de devenir maman longtemps.

Si seulement je pouvais imaginer.

Lorsque le fameux « + » tant attendu est apparu, mon coeur s’est gonflé d’amour et je suis tout de suite passée en mode protection. Protéger cet être de la grosseur d’une graine de pavot qui grossira jusqu’à devenir grosseur melon d’eau. À la moindre anomalie, j’étais envahie d’inquiétudes, la peur de perdre ce bébé que j’aimais tant déjà. Si peu de contrôle sur son bien-être.

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Un si minuscule être me comblait déjà d’amour et de bonheur.

Après 9 mois d’attente (qui semblèrent comme 90), j’ai pu tenir mon bébé dans mes bras. Ce petit inconnu tant désiré. Celui que j’ai imaginé, protégé, celui avec qui j’ai imaginé des moments, des voyages, celui à qui j’ai promis d’offrir le meilleur, celui qui me permettait de tenir le plus beau rôle de ma vie et certainement le plus important, celui d’être maman. 

Au fil des jours, je réalisais que mon bébé était réellement parmi nous. Ne jamais me lasser de le regarder, le trouver parfait, l’aimer à en avoir mal au ventre, pleurer de joie, préférer le regarder à dormir, m’ennuyer lors de ses siestes, ne pas vraiment avoir envie de le partager, être fière, me sentir privilégiée.

Si on m’avait dit qu’avoir un enfant me ferait mal d’amour, je ne vous aurais pas cru.

Vint le premier sourire, les douceurs dans le visage, la tête enfouie dans le creux de mon cou, les bras de maman qui consolent tout, même la pire des crises, ce regard illuminé par toutes ces nouveautés, les premiers sons, les premières mimiques, cette façon de communiquer son bonheur, mais également son mécontentement, sa personnalité qui prend de plus en plus forme. Je me plais déjà à me perdre dans nos souvenirs et j’ai mal. Mal de bonheur, mal de fierté, mal d’amour.

Ce si petit être me comble dans sa simplicité, me rend meilleure, m’amène sur de nouveaux terrains, fait évoluer mon couple magnifiquement, me pousse à me dépasser, à travailler sur moi-même.

Mon bébé, tu m’apportes déjà tant, merci de m’avoir permis d’être ta maman. Je souhaite être à la hauteur. Tu vaux définitivement toute cette douleur positive.

Marjorie C.-H.