Apprivoiser le lit de grande…

Peu après le temps des fêtes, nous avons constaté mon conjoint et moi que notre deuxième fille gagnait de plus en plus en autonomie. Elle faisait de plus en plus de choses seule, son 2 ans approchait dans quelques mois et nous sentions que l’époque de la bassinette arrivait à sa fin.

Bon… après avoir respiré dans un sac en papier brun quelques secondes, j’ai commencé à me demander comment nous allions nous y prendre.

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C’est que ma fille est en amour avec son lit.

C’est littéralement son havre de paix. Elle demande d’aller s’y blottir, jouer dedans, y regarder des livres avec sa sœur… bref, elle l’aime d’un amour intense!

Après quelques réflexions, nous avons choisi d’opter pour un lit double (nous avions déjà le matelas, donc, c’était plus simple) et comme sa chambre est assez spacieuse, nous avons pu installer le matelas directement par terre, en face de son berceau. C’était ainsi plus facile pour elle d’y grimper, mais surtout plus sécurisant pour nous dans le cas où elle tomberait en bas de son lit en dormant… C’est une vraie girouette!

Au début, le grand lit était un terrain de jeu.

On y racontait des histoires, on y sautait, jouait à la poupée… Durant plusieurs jours, nous lui demandions simplement dans quel lit elle voulait dormir. Et à chaque fois, elle nous regardait et nous montrait son berceau en disant «non!»

Au bout d’environ deux semaines, l’ajout d’une douillette à l’effigie des Trolls (qu’elle aime beaucoup) a fait en sorte que son nouveau lit est devenu plus attirant.

On a réussi à lui faire faire deux siestes de façon super autonome. Dès la première fois, elle s’est endormie toute seule, sans aucune intervention! Allions-nous avoir droit à une transition aussi facile et idyllique? Un vrai rêve…

Et non… Après la deuxième sieste, elle a catégoriquement refusé de dormir dans son nouveau lit.

Pendant plus de deux semaines, elle y jouait, mais refusait d’y dormir. Je commençais à douter et à me dire que nous n’aurions pas le choix de carrément retirer le berceau de la chambre pour qu’elle finisse par enfin dormir dans son lit de grande! J’avais l’impression que la situation allait traîner en longueur. Cependant, je n’arrivais pas à me résigner à juste retirer son berceau de la chambre… j’avais le feeling que ce n’était pas la bonne chose à faire…

Puis, un jour, je me suis tannée de voir sa chambre encombrée et j’ai changé tous les meubles de place.

Le grand lit est naturellement venu se placer à la place du berceau et c’est avec joie et abandon qu’elle a redécouvert sa «nouvelle chambre». Je crois que le déclic s’est fait à ce moment, car le soir même, elle a demandé à dormir dans son grand lit… et n’a jamais voulu retourner dans son berceau depuis.

En tout, la transition a duré un peu plus d’un mois.

Ça peut paraître long pour plusieurs, mais je crois sincèrement que c’est la meilleure façon de faire pour ma cocotte. Elle avait besoin d’apprivoiser ce nouvel élément. Elle a un grand besoin d’autonomie, de faire les choses seule, à sa façon et je crois qu’en lui laissant du temps, de l’espace, elle a pu se sentir en confiance et sauter le pas quand elle s’est sentie prête. J’aime à croire que les enfants sont en mesure de nous communiquer, à leur façon (pas toujours avec clarté!), ce dont ils ont besoin. Évidemment, chaque enfant est différent et certains ne vivent pas bien avec une transition prolongée. Pour d’autres, que la transition soit longue ou courte, ou bien que le changement soit drastique importe peu… L’important est de respecter le rythme propre à NOTRE enfant. Et qui d’autres pourraient être les mieux placés pour le savoir que ses parents? Mon histoire n’est pas une science exacte, mais bien notre vision d’une étape de vie, notre vécu…

Au moment d’écrire ces lignes, la bassinette est toujours dans la chambre, mais elle sert plus de décoration ou de lit temporaire quand son petit frère m’y accompagne.

Pas une seule fois depuis le soir où elle a demandé à dormir dans son grand lit, elle n’a demandé à retourner dans son «petit lit». C’est avec fierté et joie qu’elle saute à pieds joints dans son havre de paix le soir venu pour un repos bien mérité. Et c’est le cœur empli de fierté que je la borde le soir en lui murmurant que je l’aime et que je suis si fière d’elle!

Et vous, comment s’est passée la transition vers le grand lit?

Mélanie J.