Attentes et inquiétudes (partie 2)

Lire la partie 1 ici.

Nous voilà maintenant soulagés. Toute cette inquiétude n’est qu’un mauvais souvenir. Non mais tsé, on dirait que ces tests-là, c’est juste pour nous faire stresser!

Je reçois finalement l’appel tant attendu de Ste-Justine le lendemain de la réception de mes résultats d’amniocentèse.

On m’indique qu’ils aimeraient me voir en génétique pour me poser des questions et me suivre pour le restant de ma grossesse. Je leur réponds, bien sûre de moi, que j’ai déjà passé le test d’amniocentèse et que les résultats ont démontré qu’il n’y a aucun problème. Je n’ai donc pas besoin d’eux. La dame se fait toutefois insistante. Elle me dit que je n’ai rien à perdre et que Ste-Justine est spécialisé dans les bébés, je serai dans un des meilleurs hôpitaux au Canada.

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Bien que je trouve ridicule de pousser les recherches plus loin (après tout, j’ai déjà eu assez de stress ainsi!), mon conjoint me suggère d’aller les rencontrer.

Au pire, on aura la chance d’être suivi et d’accoucher dans un super hôpital spécialisé.

Je me rends donc au fameux premier rendez-vous où l’on me pose une foule de questions sur ma famille est sur ma santé en général. On m’envoie ensuite passer une échographie et on me dit qu’on aimerait que je fasse une échographie par semaine pour les 4 prochaines semaines, afin de s’assurer que bébé se développe bien. Quelle joie! Qui a la chance de voir son bébé aussi souvent?

Au bout de ces 4 semaines, j’ai un rendez-vous avec la médecin qui me suivra au cours de ma grossesse.

Nous sommes à Sainte-Justine depuis 8h le matin et il est maintenant 16h. Pas besoin de vous dire que nous sommes fatigués et tannés d’être assis sur nos chaises de plastique… à attendre des résultats encore une fois.

On nous appelle finalement. On s’assoit dans le bureau et une drôle d’ambiance y flotte. Ma médecin nous annonce que je ne mènerai pas ma grossesse à terme. Pire, je suis hospitalisée sur-le-champ, on prévoit procéder à l’accouchement ce weekend. Je suis à 24 semaines. Bébé ne grossit pas bien, mon placenta se meurt. À partir de ce moment, je ne me rappelle pas de ce qu’elle m’a expliqué. Je n’entendais plus rien. Ma fille allait naître dans les prochains jours. Elle allait naître, mais ne survivrait peut-être pas. Et si elle survivait, les séquelles sur sa santé pourraient être énormes. Le pronostic est sombre.

C’est dans une bulle sourde et étouffante que nous sommes retournés à la maison préparer mes valises. Peu de mots se sont dits ce soir-là.

Nous nous sommes seulement collé l’un contre l’autre. Le lendemain matin, aucun mot ne s’est dit sur le chemin de l’hôpital. Je me revois encore, m’asseoir sur ce qui deviendrait mon lit dans cette chambre bercée par le soleil et donnant vue sur le Chemin de la Côte Ste-Catherine. Tout le personnel est tellement gentil, mais je m’en fous. J’en veux à la planète entière d’être ici.

Tout ce que j’ai à faire maintenant, c’est d’attendre.

Patricia LC.