Ces enfants que l’on compare aux pissenlits

Ce mois-ci, j’avais envie de vous parler d’un groupe d’enfants qui se distingue par plusieurs particularités, et alors d’enfants qui valent la peine d’être honorés étant donné leur réalité unique et leur fortitude extraordinaire. D’enfants qui, selon moi, l’on n’entend pas assez parler et pour lesquels le mois d’avril prend un sens considérable, puisqu’il a été choisi comme étant le mois durant lequel nous les célébrons. Savez-vous qui ils sont?

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Je fais référence aux enfants issus de familles de militaires.

Vous avez probablement déjà remarqué à quel point le pissenlit est robuste et trouve le moyen de ressurgir aussitôt qu’on aurait pu le croire anéanti. C’est entre autres pour cette raison qu’il est la fleur ayant été choisie pour représenter les enfants de militaires.

En effet, tout comme le pissenlit, qu’ils puissent être parfois petits, parfois grands, les enfants de militaires grandissent en devant se laisser porter par le vent, en faisant confiance au temps, et en sachant regarder droit devant.

Dès leur très jeune âge, ces enfants vont, pour la plupart d’entre eux, vivre des déménagements les amenant à s’éloigner de leur famille élargie, de leurs amis, de leur école ou garderie, ainsi que de plusieurs figures d’attachement et lieux d’appartenance.

Bien que de leur côté, ils n’ont pas signé de contrat les amenant à s’enrôler dans cette vie tumultueuse et cette culture militaire, ils devront tout de même eux aussi faire des sacrifices énormes et trouveront par-dessus tout le moyen de prendre racine, de pousser et de fleurir autant sur une terre fertile que sur un sol aride.

On pourrait les penser fragiles, car ils doivent eux aussi vivre et surmonter les absences, les déploiements, l’éloignement et les blessures physiques et psychologiques de leurs parents, mais leurs racines, ils ont appris à les solidifier et à les rendre résistantes, et ce, militairement.

S’il y a un grand apprentissage qu’ils feront dès leur très jeune âge, c’est celui de la résilience et comme il en est pour le pissenlit qui se reconstruit autant aux endroits où les rayons du soleil illuminent leurs réussites que dans les coins qui sont plus sombres, rocailleux et frisquets, ces enfants développeront des méthodes leur permettant de se reconstruire avec force et ténacité.

Qu’ils aient, par exemple, à apprendre une langue seconde, à changer leurs plans subitement et de manière imposée, ou à se trouver de nouveaux repaires loin de leurs proches, ils démontrent que tout comme le pissenlit qui se ferait couper, qu’on ne prendrait pas le temps d’arroser ou qu’on arracherait soudainement de ses ancrages, ils renaissent, se transforment et volent vers de nouveaux horizons pour s’épandre sur de nouveaux terrains.

Puis, devant fréquemment être en contexte de famille monoparentale dû aux différentes formes d’absences du parent militaire, ces enfants apprennent rapidement le sens des responsabilités et développent ainsi leur indépendance.

Ils grandissent au sein d’un contexte particulier dans lequel, qu’ils le veuillent ou non, l’armée commande leur vie à eux également, et toutes ces séparations les font apprécier davantage les instants qu’ils partagent en famille.

Ces enfants, j’en ai moi-même trois à la maison.

Trois êtres uniques qui font partie de cette grande famille que l’on appelle aussi «La force conjointe». Leur papa, ils le prêtent régulièrement à leur pays et ils le font avec toute la fierté et l’amour que je peux déceler dans leurs yeux. Ce ne sont peut-être pas leurs deux parents qui sont présents lors de chaque anniversaire, lors des congés fériés, lors de leurs premiers babillements et aux grandes étapes de leur développement, mais je suis témoin de la vitesse croissante à laquelle ils s’éveillent pour agrandir sans cesse leur flexibilité dans l’adversité, leur amour et sensibilité envers leur prochain, et leur ouverture aux différences. Mes enfants, ils ont également le mot courage gravé sur le cœur.

C’est avec gratitude pour toutes les raisons que j’ai précédemment énumérées que je vous invite à considérer tous les petits pissenlits comme étant eux aussi, de petits héros.

Noëmie