Comme ma mère

«Je ne suis pas ton amie, je suis ta mère. Parle-moi comme il le faut!»

Cette phrase, je l’ai entendue plusieurs fois. Lorsque je franchissais une limite qu’il ne fallait pas, que j’utilisais des mots ou un ton que ma mère n’aimait pas, c’est ce qu’elle me disait. Lorsque j’étais plus jeune, je n’aimais pas ça me le faire dire, parfois je ne comprenais pas pourquoi elle me le disait. Et puis, tranquillement, cette phrase était partie de mon imaginaire.

Depuis ma vie adulte, j’ai arrêté d’y penser et elle a pris place dans mes souvenirs lointains; lointains depuis ce matin.

Ce matin, alors qu’il fait soleil, que le vent est doux, je me suis surprise à l’utiliser avec mon garçon de trois ans et demi qui me crie après. En devenant moi-même maman, il y a parfois des phrases ou des gestes qui me font sortir de mon corps. Lorsque ce genre de souvenirs refait surface, c’est comme si je me regardais soudainement de l’extérieur. Mon enfance me revient en pleine face, la voix de ma mère se fait entendre dans ma tête. En disant ces mots, j’ai finalement compris tout leur sens.

Pour moi, c’est important que mes enfants fassent preuve de respect: on peut tout dire, mais pas n’importe comment. C’est quand même étrange que j’utilise exactement les mêmes mots, les mêmes intonations.

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Lorsque j’attendais mon premier enfant, ma mère m’avait avertie. Elle m’avait dit qu’en devenant parent, on reproduit parfois certains comportements de nos propres parents. Même si je me doutais que ça allait arriver, ça me surprend à chaque fois. Vous savez, j’ai eu la chance d’avoir de bons parents, un modèle d’éducation que je veux reproduire en grande partie, alors ce n’est pas que j’essaie de faire l’inverse, mais sincèrement, c’est fou à quel point je comprends maintenant certaines phrases que je me faisais dire petite. «Tu comprendras quand tu seras grande.»

Il y a certains trucs que j’essaie de reproduire, puisque ce sont de beaux souvenirs.

Souvent, j’emprunte les traditions qui sont importantes pour moi, comme faire les gâteaux de mes enfants, leur faire vivre la magie de Noël, par exemple. Bien sûr, le fait d’avoir certaines valeurs communes à mes parents m’aide à mettre des limites similaires à mes cocos. Depuis mon nouveau rôle, je comprends maintenant une bonne partie du travail accompli par mes parents.

Bien sûr, tant d’autres étapes me sont encore inconnues, mais je pense que parfois, une partie bienveillante de ma maman refera surface en moi.

C’est étrange quand même quand on voit à quel point ce n’est pas conscient. Je trouve ça beau de me rendre compte que mon éducation m’aide à être une maman à mon tour. C’est un cadeau précieux qu’on a pas souvent la chance d’apprécier puisque c’est acquis.

Peut-être qu’un jour, mes enfants poseront des gestes qui leur rappelleront leur maman toute leur vie…

Josiane