COMMENT ME PRÉPARER À ACCOUCHER À L’ÈRE DE LA COVID-19?

En tant que doula – coach périnatal, je compare souvent accoucher à gravir le mont Everest. On peut être prêt physiquement, mais au final, c’est le mental qui fait le plus gros du travail. On a beau connaître le chemin, mais on sait très bien qu’il y aura des imprévus. Dans les deux cas, avoir une bonne équipe et être bien préparée, c’est ce qui fera la différence. Même si on a parfois l’impression que moins on en sait mieux c’est, il faut passer par-dessus notre peur (ou accepter notre peur) et commencer à préparer notre accouchement!

Une maman organisée

Pas besoin d’une pandémie pour que le parcours de la maternité soit stressant. Accoucher, c’est déjà stressant en soi parce qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Après tout, c’est un miracle de la vie! Toutefois, il y a plusieurs anxiogènes qui peuvent être contrôlés, par exemple «qui s’occupera des aînés lors de votre départ vers la maternité?» ou encore «qu’allez-vous manger à votre retour à la maison?».

Mon premier conseil serait donc d’organiser tout ce qui peut l’être, et ce, dans les moindres détails. Vous pouvez même faire une liste de toutes les choses qui vous trottent dans la tête en lien de près ou de loin avec votre accouchement et en faire votre «to-do list». L’objectif est de prendre le contrôle sur ce que l’on peut contrôler et ainsi réduire notre liste de peurs et/ou notre charge mentale.

Pour les aspects qui ne peuvent être contrôlés, on peut analyser les différentes alternatives et tenter de trouver des solutions pour chacune d’entre elles.

Le savoir, c’est le pouvoir

Saviez-vous qu’il est possible de faciliter votre accouchement? Eh oui! Avec une bonne compréhension des besoins de la femme qui accouche, il vous est possible de prendre les rênes de votre accouchement. La bonne nouvelle, c’est que la nature vous a donné plein d’outils pour être en mesure d’avoir un accouchement facile. Après tout, l’objectif de la nature a toujours été de créer la vie et de la faire prospérer!

Un de ces outils, c’est le retour aux sources; le retour à votre cerveau primal qui lui ne pense pas, il agit. Votre cerveau primal, ou ce que j’appelle l’arrivée de la «maman mammifère» donne tout le contrôle au corps et laisse vos pensées de côté. En entrant dans la phase active de l’accouchement, l’arrivée de maman mammifère est automatique. L’objectif va donc être de rester dans cet état d’esprit et pour ce faire, vous aurez besoin d’être dans un environnement propice à la détente: chaleur, lumière tamisée, massage, objets de la maison, odeurs et sons rassurants. Voici quelques trucs pour vous aider à garder votre mode «maman mammifère» activée. Idéalement, il vous faut le moins de dérangement possible et ne pas parler, un peu comme si vous étiez en train de méditer. Petite note pour les chanceuses ayant accès à une salle de bain privée, utilisez-là! Si le cœur vous en dit, enfermez-vous dans ce petit endroit clos ou personne ne pourra vous déranger (et peut-être même, enlevez votre masque, s’il y a lieu).

Finalement, renseignez-vous et osez poser les vraies questions à votre responsable de suivi médical AVANT l’accouchement. Après tout, pour faire un choix éclairé, il vous faut les deux côtés de la médaille! Pour dépasser votre gêne, je vous suggère de poser des questions formulées par des «et si». Par exemple: «Et si je refusais de porter le masque, qu’est-ce qu’il se passerait? », «Et si je ne souhaite pas accoucher sur le dos, est-ce possible? ». Renseignez-vous sur les droits des femmes enceintes. Plusieurs ordres, associations et regroupements offrent des informations pertinentes à ce sujet par le biais de ressources facilement accessibles en ligne et spécialement destinées pour les futurs parents: le Collège des médecins du Québec, l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, l’Association des médecins en périnatalité, le regroupement des sages-femmes du Québec et l’Ordre des sages-femmes du Québec.

Le support émotionnel est la clé

Tout comme la grossesse, l’accouchement est bien plus qu’une question de physique, c’est une question d’émotions! Pendant la grossesse, on a besoin de quelqu’un à qui parler (ou poser nos 1001 questions), quelqu’un qui ne nous jugera pas et qui calmera notre tempête émotionnelle créée par nos hormones et le changement de vie éminent. Pour l’accouchement, on doit aussi s’entourer parce qu’une fois rendue à la maternité, vous serez accaparée par votre tâche: accoucher. Vous ne serez donc plus en mesure de débattre de vos désirs. En plus, vous aurez probablement besoin de quelqu’un pour vous rassurer, quelqu’un qui vous chuchote des mots d’encouragements et qui prend soin de vous. Vous aurez besoin d’un ou d’une gardienne de votre bulle d’intimité! Une personne qui vous rassure de par sa présence et qui connaît vos désirs en vue de cet accouchement.

Une solution tout-en-un?

En gros, il faudrait: trouver des trucs pour gérer votre stress avant l’accouchement, apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur l’accouchement, principalement sur la façon de faciliter ce processus, et être soutenue émotionnellement (idéalement par quelqu’un qui vous comprend et à qui vous faites confiance). Saviez-vous qu’il y a des personnes qui exercent exactement ce métier? Elles se nomment des doulas ou si vous préférez des accompagnantes à la naissance.

Pour toutes les mamans, et encore plus en temps de pandémie, je crois qu’une doula est essentielle! Bon, étant moi-même doula, je prêche un peu pour ma paroisse, une doula change VRAIMENT l’expérience de la maternité, de la naissance de votre petit miracle et de votre naissance à vous en tant que parents.

Pour toutes les mamans pour qui le «jour J» approche, je vous souhaite d’avoir quelqu’un à vos côtés, un conjoint, une conjointe, un membre de votre famille, une amie, un ami, une doula… quelqu’un qui vous redonnera confiance en votre corps et en votre puissance féminine. Vous êtes faites pour ça, ne l’oubliez pas.

Et vous qui vous accompagnera lors de votre accouchement?

Mélodie de Mtamaternite.com