COMMENT SURVIVRE SUR LA PLANÈTE DEUZ’AN

Le deux ans… Ah! Quelle période! C’est l’âge où on sent que la liberté est à notre porte. Où les couches sont presque du passé, que l’autonomie et la légèreté cognent à notre porte. C’est LA période où l’on se dit: «Wow! Ça va tellement vite! On en fait-tu un autre?». Plus de biberons, de suce (ou presque), plus de «régurgits», de changements de couches à l’heure, d’horaire de sieste contraignant (ben oui,j’ai osé l’écrire celle-là!) ou bien de repas à faire en double. C’est l’époque où l’on comprend que notre vie se normalise un peu… Si normalité il peut y avoir avec une boule d’énergie ultra-émotive-en-mode-découverte dans la maison!

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Donc, un beau matin, tout en méditant cette réflexion, on prépare des toasts à cette merveilleuse créature. Ça va bien ce matin-là, c’est une bonne journée qui commence. Et en tant que parent, on pose la question fatidique: «Tu veux quoi sur ta toast mon amour?».

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON!!! Il ne fallait pas poser de question ouverte… Car le déferlement se produit au moment même où l’on termine notre phrase: «Pas toast, moi veux céréales!» Et nous de réfléchir au fait qu’on lui a demandé, DEUX fois, si il/elle voulait une toast… Pour ensuite se dire, bah, pas grave, je vais la manger moi la rôtie! Servir un bol de céréales à l’enfant, pour entendre: «Non! Pas céréales!»  Et l’enfant se lance sur le sol en pleurant comme s’il venait de se faire arracher un membre avec une violence inouïe…

Si t’es parent, tu as connu ce genre de situation. Et tu t’es assurément demandé la question fatidique: «Pourquoi?». Pour commencer, un peu de théorie…

Tout d’abord, il faut enregistrer, nous en tant qu’adulte, que la fameuse phase du «terrible two», n’est rien d’autre qu’une période où l’enfant prend conscience qu’il est un être à part entière qui peut prendre ses propres décisions… Et le mot phase le dit si bien, c’est temporaire… Intense, mais comme toute phase, ça finit par passer.

Durant cette période, l’enfant apprend qu’il peut avoir un contrôle sur son environnement. Et comme à deux ans, ils sont centrés sur eux-mêmes et leur environnement immédiat, c’est d’abord en disant non et en tentant de faire des choix (inconscients ou peu conscients en premier lieu) qu’ils l’expriment.

En tant que parent, ça peut vite devenir éreintant, et si tu en as plus d’un qui entre dans cette période, ça relève presque d’un combat de gladiateurs à l’occasion!

C’est pourquoi il faut être constant et avoir un plan de match qui s’adapte à presque, je dis bien presque toutes les situations. Parce que quand va venir le temps de faire face au monde extérieur avec ton deuz’an, tu te dois d’être aussi préparé qu’un survivaliste durant l’apocalypse!

Qui dit deux ans, dit crises. Et durant une crise, le mot le dit, ton enfant CRIE! Et il pleure aussi, et peut-être qu’il frappe des objets ou même toi… C’est dérangeant, ça fait du bruit, mais tu sais quoi? C’est normal! Il a une confiance infaillible en toi et il sait que, peu importe ce qui va arriver, tu vas l’aimer quand même! C’est le plus beau des cadeaux.

Revenons à nos moutons… Comment on gère ça une crise de bacon, devant un public? Que ce soit ma tante Ginette dans un souper de famille qui te dit que ton cousin Rodrigue lui a fait ça JUSTE une fois, rien qu’une… ou un simple inconnu au centre d’achats, c’est inévitable, tu vas recevoir un commentaire.

Tout ce que j’aurais envie de dire, c’est d’être fidèle au plan que tu t’es fixé. Les gens pourront bien penser ce qu’ils veulent, c’est toi le parent.

En tant que parent de la planète Deuz’an (car on vient bel et bien d’un autre monde!), tu te dois de respecter ces commandements:

  • Une constance tu auras dans tes interventions. Tu ne peux pas dire non un jour parce que tu es en forme et dire oui le lendemain parce que tu es plus fatigué. Ça peut arriver à l’occasion, pour faire un spécial, mais dans la vie de tous les jours, il faut que les règles établies soient pratiquement toujours les mêmes. Ça va réduire les crises, car ton enfant saura ce qui vient ensuite. Il saura aussi ce qui est permis ou non, tes limites quoi!
  • Des limites claires, tu donneras. Oui. Non. Pas de peut-être. That’s it.
  • Les conseils de tout un chacun tu entendras, sans jugement envers toi tu porteras. C’est dans la nature humaine de vouloir conseiller. Souvent, au détriment de l’estime personnelle des parents qui sont aux prises avec les crises de bacon, les «non!» incessants. Parce que c’est aussi dans la nature humaine de se comparer, il faudra être bienveillant envers toi en tant que parent. Dire merci et surtout, ne pas te sentir obligé de suivre les conseils de la personne en avant de toi. Fais-toi confiance.
  • Ton enfant tu accompagneras, ses émotions, tu décoderas pour lui. Verbalise. Verbalise. Verbalise. C’est essentiel. Comment aider ta progéniture à comprendre une notion si abstraite? Par le jeu, simplement. Le jeu symbolique, jouer aux bébés, avec des poupées, bonhommes, morceaux de pommes (ils ont vraiment de l’imagination)… Tout ce qui pourrait permettre de «faire semblant», jouer les émotions aidera l’enfant à mieux décoder ce qu’il ou elle vit. Plus vous en parlez, plus vous jouez, plus vous donner de chances à votre enfant de réinvestir dans le feu de l’action. Ce n’est pas magique, c’est de la pratique!

Enfin, dis-toi que ton enfant se permet de s’affirmer auprès des personnes qui l’aiment le plus dans la vie.

Tu es sa base et si tu veux que ton garçon ou ta fille soit capable de dire non aux personnes qui traverseront sa vie, être en mesure de s’affirmer quand il ou elle se sentira inconfortable, le tout de façon positive, et bien ça commence quelque part. Et ce quelque part, c’est dès maintenant, en plein milieu de ta cuisine, parce que tu as servi une rôtie au lieu d’un bol de céréales.

Mélanie J.