Deuil d’une famille nombreuse

Depuis mon plus jeune âge, je sais que je veux être maman. J’ai remercié la vie lorsque j’ai vu le petit plus sur le test de grossesse. J’ai remercié la vie durant ma grossesse, car tout se passait bien. J’ai remercié la vie de mettre au monde un bébé en santé. Et à sa naissance, ma nouvelle vie a commencé.

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Durant la grossesse, dû aux symptômes, je voulais attendre plusieurs années entre mes enfants, même si j’avais toujours dit que je les voulais rapprochés (j’imagine que la différence d’âge de cinq ans avec mon frère a joué sur cette envie!).

Une fois bébé dans les bras, c’est comme si j’avais découvert le réel sens de ma vie. Je savais que j’étais exactement là où je devais être.

Plus les mois passaient, plus je savais que finalement, je ne voulais pas attendre longtemps.

Je voulais les avoir avec un écart d’âge de deux ou trois ans, au maximum. Mon rôle de maman m’a fait grandir. Cette nouvelle réalité est celle qui me convient le plus.

Et moi qui avais toujours dit en vouloir seulement deux ou trois, je me suis mise à rêver à une grande famille, d’un minimum de trois enfants.

Mon conjoint n’était pas en accord. Il ne s’était jamais questionné à savoir s’il voulait des enfants, mais savait depuis le début de notre relation que j’en voulais. Il était d’accord avec mes rêves, mais ce n’était pas particulièrement dans les siens d’élever une famille. Maintenant papa, il était comblé avec un enfant. Inquiet par rapport à l’ajout d’un deuxième dans notre famille, plusieurs craintes normales que je partage également.

Particulièrement, car on a eu énormément de difficulté avec les nuits, et la fatigue, ça remet tout en question. Il n’était pas complètement fermé à l’idée, mais pas aussi excité que moi. À la suite de nombreuses discussions, j’ai su que ce n’est pas une famille nombreuse que j’aurais.

Ça brasse des émotions, ça fait se poser beaucoup de questions, s’imaginer des scénarios.

J’ai pleuré, m’imaginant quel choix déchirant je devrais faire, quitter un homme que j’aime par-dessus tout avec qui nous sommes une équipe du tonnerre ou abandonner ce désir d’un enfant de plus?

J’ai eu le sentiment de manquer de souffle, mais où allaient donc mes rêves? Ce sentiment intense de vide, de néant. L’estomac noué, je ne pouvais pas croire que ma fille serait la seule et l’unique. J’ai laissé du temps au temps, j’ai profité de bébé un. Finalement, on s’est bien rendu compte que notre bel amour est un bébé sociable qui a besoin de stimulation d’autres enfants. Nous avons beaucoup parlé de ces fameuses craintes, celles que tous les parents ont en s’imaginant avoir un autre enfant (est-ce qu’on va l’aimer autant? Comment ira notre routine? Etc.)

Il est prêt à ce qu’on ajoute un enfant dans l’équation et pour le moment, ça me va.

Je sais que je pourrai revivre une autre grossesse (et espérons, changer le souvenir amer que j’ai de la première), que je pourrai revivre toutes ces premières fois, tous ces petits moments. C’était inconcevable pour moi de ne pas les revivre, même si je me considérais privilégiée d’avoir pu le vivre une fois, sachant que plusieurs femmes ne le vivront jamais. Je sais que dans mon cœur, j’aimerais en avoir trois, ou plus, mais je suis prête à prendre certaines décisions pour le bien de mon couple et ma famille.

Je ne dis pas que de ne pas réaliser ses rêves est une bonne chose, loin de là, car si on s’était maintenu à un seul enfant, j’aurais remis beaucoup de choses en question pour pouvoir être en paix avec moi-même et mes désirs profonds.

Je crois simplement qu’être en couple signifie aussi faire des compromis et trouver des terrains d’entente. Ceci a encore plus d’importance lorsqu’on y implique un ou des enfants.

Nous prévoyons les essais dans quelques mois, ce qui devrait donner un écart d’environ deux ans et demi entre nos enfants.

Plus le temps passe, plus je vois mon conjoint s’émerveiller devant les bébés naissants et me faire des références par rapport à notre fille ayant un frère ou une sœur. Je dois avouer avoir un serrement lorsque j’entends des femmes dirent que leur conjoint en voudrait douze et que pour elle, un c’est suffisant. Je sais que ce deuxième enfant que nous aurons sera tout autant chéri que notre première, mais j’ai quand même un petit pincement au cœur quand je pense qu’après, ce sera la fin de cette belle aventure qu’est d’enfanter.

Et toi, comment vis-tu ça?

Christina L.