Don de vie

Il y a quelques années, j’ai signé l’autocollant de ma carte d’assurance maladie autorisant le don de mes organes. Je l’ai fait volontairement et ce, dès l’âge où j’ai pu le faire. Je ne me suis jamais vraiment questionnée, il me semble, quant à savoir si je voulais le faire ou non. Pour moi, c’était évident. Le jour où cela se produirait, selon les circonstances, j’avais l’occasion de faire en sorte de ne pas être décédée en vain. J’avais l’occasion de sauver des vies. De sauver jusqu’à 8 vies et de redonner la santé jusqu’à 20 autres personnes. J’avais l’occasion de continuer à faire le bien, malgré le fait que je ne serais plus présente. Faire partie de quelque chose de plus grand que moi, c’était en partie ça aussi.

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Est finalement venu le jour où j’ai donné la vie. Moi-même. Après 9 mois de conception, après 9 mois de cohabitation, après tant d’heures d’efforts et de souffrance. J’ai mis au monde un être humain à part entière. C’est définitivement la chose la plus belle et la plus fascinante au monde. Le corps humain m’a une fois de plus impressionnée.

Puis est venu le jour où j’ai reçu sa toute première carte d’assurance maladie.

Et j’ai eu le choix de prendre la même décision que j’avais prise pour mon propre corps, il y a déjà plusieurs années. Le don de ses organes. Mais cette fois-ci, tout n’était pas aussi clair dans ma tête. Je ne cessais de m’imaginer son petit corps inerte duquel on retirait tout ce qu’il était possible de prendre. Son si petit corps. Celui que j’avais conçu, porté, aimé. Bien entendu cette situation n’était pas réelle, mais la décision l’était pourtant bel et bien.

J’ai dû prendre sur moi et essayer d’être rationnelle.

Et si, le jour où ma fille mourrait, son décès n’avait pas été lui aussi en vain. Et si, le don de ses organes empêchait d’autres petits anges de rejoindre le ciel. Et si, mon plus grand chagrin évitait celui de bien d’autres parents. Et si, elle continuait, en quelque sorte, de vivre à travers le corps et la vie d’autres petites âmes. Et si, tous les instants de bonheur, les rires et les sourires qu’avaient vécus ma fille donnait aujourd’hui la chance à un autre enfant d’en vivre tout autant. N’y avait-il rien de plus précieux que l’on pouvait faire que ce don de vie?

Loin de moi l’idée de vouloir vous convaincre, mais j’imagine ne pas être le seul parent à s’être posé longuement la question.

Ma réflexion vous permettra peut-être donc d’être plus serein face à la décision que vous prendrez. Et pour ceux qui, aujourd’hui, prendraient la décision de le faire, pour eux-mêmes ou pour leurs enfants, le lien est ici: https://www.quebec.ca/sante/don-de-sang-de-tissus-et-d-organes/don-d-organes-et-de-tissus/.

Et comme la vie est loin d’être quelque chose de tangible que l’on peut contrôler, tous les jours, je profite de chacun des moments que j’ai avec les êtres qui me sont chers et je remercie nos anges gardiens de veiller sur nous.

Kim B.