Et si ton état émotionnel influençait ton accouchement?

Et si ton état émotionnel influençait ton accouchement?
Quel est le lien entre les émotions et l’accouchement?

Récit d’accouchement : de traumatisant à miraculeux

En tant que Doula, des accouchements, j’en ai vu de toutes sortes. Le miracle de la vie est mon quotidien et j’ai souvent constaté le lien direct entre les émotions de la maman et le bon déroulement de l’accouchement. D’ailleurs, Michel Odent, l’un des plus grands spécialistes de la physiologie de l’accouchement dit: «La principale préoccupation des professionnels de la santé devrait être de protéger l’état émotionnel des femmes enceintes.[1]»

C’est pourquoi j’aimerais vous raconter l’histoire d’Alex…

Depuis le début de sa grossesse, Alex a une peur bleue que bébé décède dans son ventre. Elle a cette idée qu’il n’y est pas en sécurité. Plus la grossesse avance, plus cette idée devient une obsession, tellement qu’elle en vient à supplier son médecin de la déclencher. Vu son état émotionnel instable, son médecin accède à sa demande à 40 semaines de grossesse.

Pour celles qui s’y connaissent un peu en accouchement physiologique, je ne vous apprends rien en vous disant que plus la maman a peur, moins son corps va coopérer.

Malgré les deux cervidils et plus de 24h de mini contractions, le col est bien fermé. On passe donc au ballonnet qui tombe par lui-même quelques heures plus tard. Habituellement, quand le ballonnet tombe, le col est à au moins 3 cm, ce qui est suffisant pour commencer la médication qui provoque les contractions.

4h plus tard, première vérification de col: il est fermé. OUTCH. Fermé? Comment est-ce possible?

Son corps lutte tellement qu’il a refermé le col suite à l’ouverture mécanique créée par le ballonnet, et ce malgré la médication.

Clairement son corps n’est pas réceptif. J’en profite pour parler au médecin en privé et lui parler de mes craintes: le cerveau est plus fort que tout et s’il n’est pas mis en «pause» et/ou si la maman sécrète des hormones de stress, celles-ci vont contrebalancer les effets de l’ocytocine.

L’ocytocine est la seule capable de créer les contractions. Trop de stress = pas d’ocytocine = pas de bébé.

Le médecin est d’accord avec moi et d’un commun accord, nous lui proposons de retourner chez elle.

Après plus de 32h à l’hôpital, il est hors de question pour elle de retourner à la maison. On fait donc tout notre possible pour détendre la maman: bain, lumière tamisée, musique douce, etc. Malgré cela, ils doivent réinstaller un deuxième ballonnet, qui lui fonctionne assez pour leur permettre de rompre la poche des eaux.

Au moment de la perte des eaux, elle en est enfin à 3 cm de dilatation, 60% effacé. Avec une maman fatiguée et la perfusion maximale, elle demande rapidement la péridurale.

Comme je la comprenais. Je souffrais avec elle; je souffrais de voir cette maman qui avait si peur qu’elle forçait la sortie de bébé avec des moyens au combien plus douloureux qu’à la norme. Nous avons même demandé à voir une psychologue, mais il n’y en avait pas de garde la nuit.

5h30 après le dernier toucher vaginal, rien n’avait changé. Ça faisait déjà un bon moment que je voyais s’en venir la césarienne au galop, mais là c’était imminent. On était arrivé au bout des ressources médicales, on avait tout essayé. Comme quoi le corps est plus puissant que tout.

Le médecin laisse tout de même un dernier 2h le temps d’aller diner, mais il n’y avait clairement pas d’espoir.

Entre-temps, une psychologue est finalement arrivée. À son départ, Alex était beaucoup mieux émotionnellement. Calmement, on a parlé ensemble des prochaines étapes et on s’est préparés à la césarienne. Elle m’a dit se sentir soulagée de savoir que bébé allait finalement sortir dans la prochaine heure. Je lui ai suggéré de dormir un peu avant la grande rencontre. Je voyais comme elle était paisible et mon cœur guérissait un peu après cette histoire d’horreur qui durait maintenant depuis 43h!!

Et puis le miracle a commencé.

Littéralement 5 minutes après avoir fermé les yeux, elle m’a dit sentir une pression dans le vagin, puis dans les fesses. On se disait en riant qu’un petit avancement ne ferait pas de mal pour éviter la croyance qu’elle était incapable de dilater. Puis, 30 minutes après cette nouvelle sensation, le médecin arrive pour faire le tout dernier toucher vaginal nous indiquant la fin de l’essai d’accouchement vaginal.

Elle insère à peine ses doigts qu’elle sent la tête. Surprise, elle me regarde et me dit: «Le bébé est à la vulve».

Sous le choc je me lève pour regarder avec elle et on voit la tête…

Il y a 2h, elle était à 3 cm de dilatation et, par expérience, je sais très bien que les seuls avancements qu’il y ait eu ont été dans les 30 dernières minutes alors qu’Alex se laissait enfin aller !! Je vous écris ces mots et j’ai encore des frissons. Je revois le personnel médical entrer, tous aussi fébrile que moi.

Nous étions tous ahuris et en même temps si heureux de pouvoir assister à une fin heureuse.

6 minutes. 6 minutes qu’il y a eu du toucher vaginal final à l’accueil de bébé dans les bras de maman.

Quand je reparle avec Alex de son accouchement, je suis heureuse de constater que seule la fin a compté à ses yeux et que cette fin merveilleuse l’a sauvé d’un grand traumatisme.

Et toi maman, as-tu certaines idées/croyances qui te font peur?

 

Mélodie de Mtamaternite.com

 

[1] ODENT, Michel. Césariennes: Questions, effets, enjeux, Éditions Souffle d’Or, 2005.

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À propos de l'autrice

Mélodie de M ta maternité

Mélodie est véritablement passionnée par la périnatalité : doula, coach et éducatrice périnatale, accompagnante à la naissance et formatrice doula! Elle souhaite redonner aux mamans confiance en leur corps et en leur puissance féminine. Fière maman d’une petite fille et d’un grand garçon!

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