Être un vecteur de changement

Les évènements des derniers mois m’ont profondément marquée. Comme tout le monde, j’imagine. Cependant, ce qui m’a le plus chamboulée est cette espèce de montée (ou d’exposition, je ne sais pas trop) du racisme qui nous a explosée en plein visage. Au début de la pandémie, les gestes violents et/ou humiliants envers la communauté asiatique se sont multipliés, y compris au Québec. Une de mes amies s’est fait cracher aux pieds par une personne qui lui criait de «rentrer dans son pays afin de contaminer ses semblables». Elle n’est malheureusement pas la seule. Les témoignages de ce genre sont nombreux.

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Comme presque tout le monde, j’ai vu les images de George Floyd en train de mourir. Des images qui m’ont laissée en larmes sur mon divan.

Face à ce flot de haine, je me sens impuissante et minuscule. Bien sûr, je crois que les manifestations sont nécessaires afin de faire bouger nos institutions et trouver une solution au racisme systémique. Cependant, une manifestation ne changera pas le racisme ou l’intolérance tout court, la personne, qui sur son balcon croit que la personne face à elle lui est inférieure en raison de sa couleur de peau, de son sexe ou de son orientation.  

Qu’est-ce que je peux faire moi? Quel geste puis-je poser pour essayer d’améliorer les choses?

C’est là que mes yeux se posent sur mon fils. Je réalise qu’elle est là la solution. Du haut de ses 2 ans, mon garçon est exposé à toute sorte de personnes. Notre réseau social est composé de gens d’origines, d’histoires, d’orientations et de genres multiples. Pour lui, c’est normal. Il y a des moments dans nos repas en famille où à table ça parle français, anglais, espagnol et même parfois tagalog (philippin). Toujours normal pour fiston.

Il faut continuer à exiger des changements immédiats afin de remédier aux injustices, tout le monde devrait avoir le même accès aux études, à l’emploi et personne ne devrait avoir peur de se faire intercepter sans raison valable au volant de sa voiture. Les mentalités en revanche, ça prend malheureusement plus de temps à évoluer. Les vecteurs de changements, ce seront nos enfants si nous prenons le temps de leur montrer la bonne voie.

Daphné C.