Il était une fois la fatigue

Elle se cache, se tapit dans l’ombre, se camoufle dans les moindres recoins, attendant patiemment le moment idéal pour attaquer. Lorsqu’elle me saute dessus, je la traîne sur le dos, comme une deuxième peau dont il m’est impossible de me départir. Elle est toujours là, me suivant, espionnant chacun de mes faits et gestes afin de choisir le meilleur moment à gâcher.

Malgré les pièges que je lui tends, les armes que j’ai construites avec le temps, impossible de l’éliminer: la fatigue perdure et vient bouleverser ma vie au quotidien.

Je ne suis pas le seul parent à vivre avec cette fatigue insurmontable: qu’elle soit physique, psychologique ou médicale, qu’elle soit causée par les nuits trop courtes, les enfants malades, les besoins particuliers des enfants, qu’elle provienne de notre rythme de vie, métro-boulot-dodo ou parents à la maison ou parents étudiants, qu’elle s’accumule depuis plusieurs années ou soit toute nouvelle, la fatigue brime notre vie et joue énormément sur notre moral.

Dans mon cas, la fatigue est causée par un problème médical. Je vis avec depuis toujours et, après autant d’années, elle est encore difficile à accepter.

Parfois, je tente de la déjouer et je me paie une très longue nuit en me disant que la journée sera merveilleuse par la suite, mais voilà que ma fatigue est toujours là, que je dorme plus de 12 heures ou que je passe la nuit debout avec un enfant malade.  C’est frustrant, décourageant, démotivant de se dire qu’en plus de perdre ma soirée, je n’ai rien obtenu en échange. Parfois, la fatigue s’éloigne, semble prendre des vacances et je passe des journées formidables, mais elle revient, toujours aussi sournoise. Qu’elle arrive pendant un voyage à New York ou pendant une journée pyjama, elle est toujours aussi désagréable.

Les gens qui me connaissent me taquinent bien souvent: ma fatigue c’est comme mon super pouvoir, mais juste légèrement moins agréable que de voler!

Mes enfants sont habitués, ils trouvent des trucs pour m’aider à me reposer, ils me suggèrent des sommes d’après-midi afin de profiter de la télévision bien tranquillement avec mes ronflements comme fond sonore (ils sont trop gentils de penser à moi!). J’apprends à la gérer, je connais mes limites. Le seul problème c’est que d’une journée à l’autre mes limites changent.

J’ai parfois l’impression de mettre du temps sur pause pour arriver à récupérer, mais ce temps ne reviendra jamais.

Je dépasse donc mes limites, j’accepte tant bien que mal cette fatigue et je profite des moments au maximum quand tous mes petits cubes énergie sont pleins. Lorsqu’ils se vident et qu’ils tardent à se remplir, je profite de moments plus doux et j’apprécie la compréhension des gens qui m’entourent et qui me laissent me reposer (même si c’est pendant le temps des fêtes ou que c’est le 10e matin de suite que je dors plus tard).

Parfois, je volerais un peu d’énergie à mes enfants, faire un échange qui me permettrait de les suivre plus facilement…

Pour l’instant, je ne peux que m’endormir avant eux pour reprendre des forces.

 

Et vous, comment arrivez-vous à gérer cette fatigue?

 

Nathalie L.

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À propos de l'autrice

Nathalie Larocque

Les pyjamas, les mains sales, les bisous collants, les cris, les dégâts: voici le quotidien de cette maman comblée de trois enfants âgés entre 2 et 8 ans. Nathalie est maman à la maison, suit des cours universitaires, travaille à l’écriture d’un roman et fait également l’école à la maison.

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