«Il faut un village pour élever un enfant»; on repassera en temps de pandémie ou l’isolement des parents

En cette période exceptionnelle, particulièrement difficile pour tous, on mise sur la survie. La survie physique. On s’assure que les personnes les plus vulnérables ne contractent pas la fameuse Covid-19. Plusieurs précautions sont mises en place afin de diminuer le taux de propagation et ainsi réduire les dégâts. Notre gouvernement est proactif et on aime ça.

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Agatha Mirabel
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On parle de santé physique (évidemment) sans cesse, mais qu’en est-il de la santé mentale de notre société présentement?

L’être humain est un animal social. On le savait. On le sait encore plus. Nous avons besoin d’être en contact avec les autres, de vivre en société, de se parler, de se toucher. Je suis travailleuse sociale. Évidemment que j’aime les humains. J’adore être avec mes enfants. J’adore être active. La pandémie a frappé que quelques jours après la naissance de mon deuxième garçon de l’autre côté du globe. Par chance (ou pas, on ne sait plus), avant qu’on réalise l’ampleur de la situation, nos familles et amis ont pu rencontrer notre merveille. Enfin, presque tous. Nous n’avons pas pu partager notre bonheur bien longtemps; confinement oblige.

J’aime les humains, je me préoccupe de leur santé mentale et je tente de prendre soin de la mienne également.

Lorsqu’un petit nouveau se joint à notre nid, nous sommes souvent fatigués et fragiles. Bien qu’on a envie d’être dans notre bulle, le support de nos proches est plus que bienvenu. L’isolement que crée la pandémie ajoute un stress supplémentaire parce que SI j’ai besoin d’aide ou SI je m’écroule et bien, je ne le peux pas. Les parents n’ont plus accès à cette paire de bras supplémentaire qui fait bien souvent la différence dans un épuisement ou un débordement. J’ai une pensée pour ces parents déjà fragiles, pour ces parents peu outillés, pour ceux qui auraient besoin de répit, mais ne le peuvent pas.

Le monde extérieur, notre famille, nos amis et nos collègues sont précieux pour nous. Ils nous apportent tellement et à nos enfants également. Il faut un village pour élever un enfant dit-on. Les gens autour de nous nous font voir les choses autrement, ouvrent nos horizons, nous rendent meilleurs. En ces temps d’isolation, nos enfants sont privés de tout ça, mais surtout les parents se retrouvent avec peu voire pas de ressource et ça, c’est loin d’être évident. En plus de tout le stress généré par le virus lui-même; la peur d’être malade, la baisse de revenu, l’isolation, passer de très peu de temps ensemble à beaucoup (trop?) de temps ensemble, ça fragilise tout ça.

En ces temps précaires, j’ai peur pour la santé mentale des gens, mais plus particulièrement celles des parents. Quels impacts aura cette pandémie sur nos enfants?

Malgré tout, ça va bien aller.

Marjorie C-H