Il y a vouloir un enfant et avoir un enfant 

Le Québec a mis fin au couvre-feu de 21h30, a permis la réouverture des terrasses de bars et restaurants et ça n’a rien changé à ma vie.

Je crois que finalement ça me réconfortait de savoir que le reste des citoyens du Québec vivaient la même chose que moi, nouvellement maman, 100% de mon temps à la maison.

Je suis tombée enceinte alors que ce n’était pas prévu dans mon programme de vie à court terme.

Je suis une personne qui aime planifier et cette surprise a procuré en moi son lot d’incertitudes et de changements de vie. J’ai donc eu cette peur soudaine qu’on allait m’enlever ma liberté, mon impulsivité, ma spontanéité. J’ai eu peur de ne plus pouvoir sortir ou voyager comme bon me semblait (blague à part: finalement ça a été la COVID-19 ma pire ennemie). Mes proches ont eu les bons mots pour me rassurer, mais aujourd’hui je ressens ce sentiment injustifié d’être bloquée alors que le reste de la société retrouve un semblant soudain de vie normale.

J’ai encore du mal à mettre des mots sur ce mal-être que je ressens parfois.

Moi aussi j’aurais aimé fêter par exemple la fin du couvre-feu au parc à 21h31 entouré des voisins du quartier. Moi aussi j’aimerais pouvoir prendre ce fameux verre de cocktail tant attendu en terrasse ou savourer le menu de la carte du soir de mon restaurant préféré. Je sais que c’est possible avec un bébé, mais je n’ai pas les armes, les outils pour me permettre de le faire, car depuis sa naissance je suis à la maison.

Alors, je ne devrais pas l’être, mais je me sens désemparée.

J’étais dans ma bulle avec mon bébé jusqu’à l’annonce du gouvernement pour la réouverture des terrasses. Ma bulle cocooning a pété et mon alter ego voyageuse, curieuse, friande de sorties, a pris le dessus. J’ai perdu toute spontanéité en passant le cap du rôle de «mère». Avec un bébé je ne sais pas comment on fait, je ne suis pas préparée. J’étais contente moi de savoir que tout le monde était comme moi, à ne rien faire de spécial en soirée que de «chiller» à la maison.

Le problème dans tout ça c’est que j’ai peur.

Peur de laisser mon bébé à une autre personne pour que je puisse sortir le soir. À l’inverse, peur de le prendre avec moi alors que je sais pertinemment qu’à partir de 18h30 son niveau de fatigue est trop extrême et qu’il est difficilement gérable. Une autre partie impulsive de moi a également peur de passer à côté de son avant-trentaine, alors que tous mes amis expatriés vivent leur «meilleure vie». Je suis submergée d’émotions contradictoires et j’ai encore du mal à endosser ce nouveau rôle de maman, parce que l’on n’est jamais préparée même quand on a terriblement envie de le devenir.

Alors, comment est qu’on fait pour lier la vie de maternité à celle de femme?

Je me dis que ça fait partie du processus du deuil de sa vie d’avant, avant de pouvoir accepter celle qui se construit maintenant. Personnellement, j’ai encore du chemin à faire pour accepter mes nouvelles responsabilités. Je me rapproche de personnes qui vivent la même chose que moi et je lis les témoignages sur les blogues comme celui-ci pour apprendre.

Je me demande tout de même, est-ce que toi aussi tu ressens de la frustration par rapport à cette reprise de vie soudaine et ton rôle de maman? C’est quoi tes astuces pour pouvoir sortir en soirée avec un bébé?

 

Eloïse H.

Envie de partager votre lecture?

Share on facebook
Share on email
Share on pinterest

À propos de l'autrice

Eloïse Houpert

Eloïse est française. Elle s’est expatriée au Québec en 2017 pour ce qui devait être un voyage de 6 mois, mais le destin en a choisi autrement. Depuis, elle a rencontré l’homme parfait québécois et est devenue maman d’un garçon pendant la pandémie de la COVID en novembre 2020.

À découvrir

Devenir parent

Culpabilité, quand tu me tiens!

D’aussi loin que je me souvienne, tu as toujours occupé une place BEAUCOUP trop importante dans ma vie. Pas facile de faire son petit chemin de bonheur, quand ta culpabilité te force à vouloir plaire à tout le monde. Puis, si tu as le malheur d’être déjà bien porté sur la culpabilisation, laisse-moi te dire […]


Marie-Soleil Fortin13 octobre 2021
Devenir parent

J’ai choisi de ne pas être stressée

Avoir un bébé change une vie. On doit s’adapter à une nouvelle réalité, un quotidien qui bascule, un horaire instable. Devenir parent peut être stressant. On tente de s’y préparer du mieux qu’on peut sans même savoir à quoi s’attendre. On achète des vêtements, des produits de soins, des jouets et tout plein...


Isabelle Caillé
Isabelle Caillé13 octobre 2021

Vivez l’expérience

En ligne et en boutique