J’ai des petits garçons à maman

J’ai des petits garçons à maman et ce n’est vraiment pas comme dans les films. Ce n’est pas tout rose et tout beau comme on veut nous le montrer. Il y a beaucoup de moins beaux côtés qu’on ne vous montre pas et je suis vraiment loin de trouver ça tellement cool que je vais leur faire faire des t-shirts «Mama’s boy».

Premièrement, ce n’est vraiment pas drôle pour le papa.

C’est triste de voir mon mari se faire refuser des câlins parce qu’ils veulent juste en donner à maman. Combien d’enfants voudraient de l’amour de leur père et n’en ont pas (pas de père ou pas d’amour, c’est selon), tandis qu’eux en refusent quand leur papa ne veut que ça! On ne veut pas les forcer, donc on attend que ça vienne d’eux, mais ça fait de la peine à mon mari et ça me fait de la peine aussi de le voir. Le parent mis à l’écart se sent comme un enfant qui se fait choisir en dernier en éducation physique. Ouin… aussi pire que ça! 

Deuxièmement, c’est épuisant de se faire demander sans cesse.

Selon mes enfants, mon mari n’a pas le droit de ranger les livres avant le dodo. Juste maman qui peut. Il ne peut pas non plus les accompagner à la toilette le matin. C’est maman seulement. Pour le bain, c’est juste maman qui peut rincer les cheveux, qui peut donner le savon pour se laver et qui peut sécher dans la grosse serviette. C’est juste maman qui peut donner la collation le samedi et le dimanche. C’est juste maman qui doit tenir la main dans la rue pour aller à la voiture. C’est juste maman qui peut aller chercher le toutou. C’est juste maman qui peut donner de l’eau pour la millième fois. Je n’ai aucun repos lorsque je suis à la maison. Je ne peux pas aller faire le lavage. Juste papa. Je ne peux pas aller à l’épicerie parce que «papa peut y aller lui». Oui on essaie de «tenir notre bout» en imposant que ce soit papa. Mais mettons que quand il est rendu 20h et que c’est la crise pour avoir-un-autre-câlin-de-maman-pas-de-papa-sinon-je-ne-dors-pas, c’est plus difficile et on choisit malheureusement d’acheter la paix pour que les enfants se couchent. 

Pourtant quand je ne suis pas là, les enfants n’ont aucun problème avec leur papa.

Ils passent leurs journées ensemble et ça se passe très bien. Ils donnent des câlins, veulent de son aide, jouent avec lui. Le mot maman n’est presque jamais prononcé. Dès que j’arrive, c’est la folie!

Ce sont des passes. J’ai déjà été le parent qui se fait refuser les câlins. Mon plus jeune était un garçon à papa de sa naissance à jusqu’à tout récemment. Je trouvais ça difficile. J’ai peut-être trop souhaité que ça change… Mon plus vieux a toujours été plus garçon à maman, mais on dirait que c’est pire depuis que son frère a changé de parent préféré. C’est plus difficile quand les deux enfants ont le même parent préféré même temps. On ne peut pas faire un enfant chacun pour le restaurant ou les sorties. Il faut que je m’occupe des deux. Les deux veulent être assis à côté de moi ou sur moi. Les deux veulent mon attention en même temps. J’ai l’impression d’être monoparentale, mais avec un spectateur qui attend juste le signal pour prendre le relais. Depuis le printemps, mon mari est à la maison avec les enfants. Ils ont passé tellement de temps ensemble que quand j’arrivais après le travail, ils ne juraient que par moi et leur papa n’existait plus. En espérant qu’avec le retour de la routine garderie-travail ça va changer un peu!

Et vous, êtes-vous le parent préféré?

Fanny C.

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À propos de l'autrice

Fanny Corbeil

Maman de deux jeunes charmants héritiers, Fanny se décrit comme une mère épicurienne et écologique, divinement organisée et organisatrice! M. Net peut aller se rhabiller à côté de cette étincelante reine du ménage. Accro aux rénovations et aux jeux de société, elle adore rire et créer.

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