«J’ai pas de main» ou le Fighting Three

Je me demandais presque si ce n’était pas des légendes urbaines que ces histoires de Terrible Two et Fucking Four. Ma fille a «ses moments» c’est certain. Surtout lorsqu’elle est très fatiguée. Mais à date, je ne pouvais pas vraiment affirmer qu’elle avait passé par ce genre de phase d’enfant en crise…

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Ça, c’était avant cette journée de fin d’hiver. À ce moment-là, je me suis demandée s’il existait un nom pour ce que ma fille était en train de devenir depuis ses trois bougies soufflées le mois passé et j’ai trouvé.

Google me parlait de Fighting Three.

Il ne pouvait pas avoir mieux mis le mot sur ce que je venais de vivre. Tsé à deux ans, un enfant en crise utilise encore ses petits mots de bébé. Il tente de s’exprimer, mais ne réussit pas toujours et la bombe est facilement désamorcée en lui changeant savamment les idées. À deux ans, il y a comme encore une petite innocence qui plane et nous permet de gagner quelques batailles…

Mais le troisans, lui, il a compris des choses.

Il a développé un langage plus efficace et varié. Il s’est pratiqué et maintenant, il est prêt à passer à l’attaque! Un Fighting Three quand ça a quelque chose derrière la tête, ça ne l’a pas dans… les pieds.

Ma fille, l’éternelle combattante de la sieste, frustrée de s’être endormie dans l’auto, était en crise sur moi dans le salon. Elle venait de me lancer sa débarbouillette et c’est quelque chose que je n’accepte pas (de lancer des objets). Sans crier, je lui ai demandé de ramasser sa débarbouillette.

Et c’est là qu’elle me lance un: «j’ai pas de main!» J’ai dit quoi?

Elle a répété en pleurant qu’elle ne pouvait pas parce qu’elle n’avait pas de main! J’ai ri, j’ai discuté, j’ai ignoré. Après plusieurs longues minutes, la situation allait mieux et ma fille s’était calmée. Je lui ai dit que j’allais lui servir sa collation dès qu’elle aurait ramassé sa petite débarbouillette par terre. Et c’est là qu’elle s’est remise à me crier qu’elle n’avait pas de main. Dans le genre convaincue comme si elle avait VRAIMENT perdu ses mains! J’avais l’air de celle qui est aveugle et qui ne comprend vraiment pas la situation. Elle s’obstinait fermement avec ce seul et unique argument. Elle aurait pu me dire simplement que ça ne lui tentait pas, qu’elle était fatiguée, qu’elle n’aimait pas ça. Ma fille en plein Fighting Three a plutôt utilisé la première idée qui lui est passée par la tête et s’en est servie à fond comme si sa vie en dépendait.

Mais bon! J’en ris déjà aujourd’hui. J’ai hâte de la lui sortir celle-là quand elle me demandera un lift à l’adolescence. Ça prend bien des mains pour tenir le volant non…?!

Et vous, est-ce que vos enfants aussi ont beaucoup d’imagination quand vient le temps de… s’exprimer?

Marie-Clovis L-D