J’ai peur d’oublier

J’ai peur d’oublier. Je m’excuse d’avance si c’est le cas. Le temps passe si vite. J’aimerais trop souvent l’arrêter. J’ai beau prendre ça slow slow slow, j’ai quand même peur d’oublier. Je m’excuse de prendre 200 photos par jour et presque autant de vidéos, mais je veux pouvoir me souvenir.

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

J’ai peur d’oublier à quel point tu étais petit lorsque je t’ai attrapé à ta naissance.

J’ai peur d’oublier tes premiers sourires, tes premiers petits sons pour entrer en communication avec nous, la profondeur de nos premiers contacts visuels. J’ai peur d’oublier nos heures passées collés à dormir ensemble, le sentiment de bonheur de te nourrir grâce à mon corps, ta façon de t’endormir paisiblement dans mes bras, ton innocence, les millions de bisous que je peux te voler sans que tu ne puisses répliquer, j’ai peur d’oublier. J’ai peur d’oublier l’émotion vécue lors de notre première rencontre, la fierté à chaque réussite, les heures passées à t’observer, te présenter tel un trophée, je ne veux pas oublier.

Il est certain que je vais un peu oublier.

Je vais oublier l’impuissance ressentie lors de pleurs inconsolables, la fatigue de nuits blanches, la douleur de l’accouchement, mais même ça, j’ai pas vraiment envie de l’oublier, car c’est toutes ces petites choses qui créent cet amour inconditionnel qui grandit de jour en jour pour toi mon bébé.

J’ai surtout pas envie d’oublier toutes tes premières fois; tes premiers pas, tes premiers mots, tes premières mimiques et expressions.

Ta personnalité qui se développe. J’ai pas envie de rien oublier. Je voudrais revivre ces moments encore et encore.

On pense que notre cerveau ne nous jouera pas de tour. On s’imagine que nos sentiments, les images et les situations seront disponibles dans un petit tiroir dans notre tête tel un fichier sur un disque dur, mais la réalité est que la vie va vite et notre mémoire atteint, à un certain moment, sa capacité maximale. J’ai si peur d’oublier, mais une chose est certaine, je l’aurai vécu à fond.

Marjorie C-H