«J’aime pas ça»

OK, on va se le dire là, je comprends très bien que les goûts des enfants puissent varier au fil des âges et même, qu’on ne possède pas tous les mêmes goûts. Je peux également concevoir que parfois, certaines recettes soient désastreuses, mais faut quand même pas charrier!

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Vous vous souviendrez que, dans un de mes précédents textes, je mentionnais que «j’étais chanceuse parce que mes enfants ne sont pas difficiles».

Eh bien, il s’avère que j’ai commis une grave erreur. C’est comme pour le sommeil, quand ça va bien, faut pas en parler parce que sinon, ça revire de bord!

Je n’aurais pas dû me vanter!

Je ne me considère pas comme une chef étoilée Michelin, ni même une chef exceptionnelle (bien qu’en regardant «Un souper presque parfait», je me dis que je pourrais me faire 2000$ facilement…), mais je suis loin de manquer de talents, tout simplement parce que j’aime manger, j’aime cuisiner. C’est juste ça mon secret, rien de plus: la passion.

Jusqu’ici, je n’ai rendu personne malade, personne n’est décédé et tous les gens me font généralement de très beaux compliments. Sauf mes enfants.

Ma 4 ans qui, dès que je dépose son assiette devant elle, me dit «J’aime pas çççççaaaaaaa mooooouuuuâââââ», alors que la fourchette est toujours bien étendue dans son assiette et que son regard ne s’est pas détourné de la fenêtre. Mon 2 ans lui, regarde avec des yeux critiques (je ne pense pas avoir déjà vu un tel regard dans les yeux des juges culinaires des émissions que je regarde) l’assiette se déposer devant lui pour ensuite la repousser brutalement en laissant échapper un «Mmmmmmm» de mécontentement et en croisant les bras.

Je ne suis pas du genre à me plier en quatre pour leur faire de repas spéciaux, là est peut-être mon erreur.

Ils mangent ce qu’on mange. Ils essaient ce qu’on essaie. J’ai grand espoir, ainsi, de leur faire découvrir une foule de bons aliments. Sauf que jusqu’à présent, c’est plutôt un échec. J’espère qu’un jour, ils réaliseront toute la chance qu’ils ont de pouvoir goûter à de si bons produits, mais surtout, de réaliser la chance qu’ils ont d’avoir de la nourriture sur leur table. Parce qu’au fond, ce qui me fait mal, ce n’est pas qu’ils n’apprécient pas ma cuisine (OK, oui un peu tout de même, j’ai de l’orgueil!), mais de savoir que tant d’enfants ont le ventre vide.

Patricia LC