Je mets de côté les petits bobos

Mon premier garçon est né à 35 semaines. Il a une dysplasie multikystique au rein gauche (en gros il a juste son rein droit qui fonctionne), il a un souffle au cœur (un petit trou qui se refermera un jour), il a eu une plagiocéphalie (en gros, il a eu un casque parce qu’il avait la tête plate), il avait un retard moteur (ça veut dire que ça nous a coûté cher de physio), il n’a pas dit maman ni papa avant 15-16 mois, il a eu des dermatites de couches aiguës et chroniques (en gros, il avait les testicules en sang à cause d’un champignon)…

Bref on a vu pas mal de spécialistes de la santé, mais ça aurait pu être vraiment pire!

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Vous savez quoi? Je le traite comme un enfant normal. Je ne m’en fais pas. Je n’ai jamais été triste. Je ne me plains pas. Pourquoi? Parce que lui, c’est comme ça qu’il vit également. Il est heureux, joue, mange et dort quand même. Comme tous les autres enfants! Pourquoi je ferais autrement?! Est-ce qu’en parler sans cesse va faire apparaître un deuxième rein fonctionnel? Non. Est-ce que le protéger comme s’il était fait en verre va faire en sorte qu’on va se sauver de suivis à l’hôpital? Non.

Je crois qu’il est encore plus important pour lui de le traiter comme les autres.

Jamais je ne me suis dit: «ahh mais non on va faire plus attention il est prématuré!» Quand je parle de mon enfant, je ne précise pas qu’il est prématuré ou qu’il a juste un rein pour justifier ses retards, son comportement, ses restrictions ou ses réactions. Oui parfois ça peut expliquer certaines choses, mais ça ne doit rien excuser.

Je préfère ne pas avoir l’étiquette facile quand vient le temps de parler de mes enfants.

Je préfère les laisser être des enfants, peu importe leur situation. Eux n’en ont pas conscience et n’ont pas besoin de s’en faire. Je préfère profiter de ce que j’ai plutôt que de m’apitoyer sur ce que je n’ai pas ou ce que je n’ai pas eu. Je préfère profiter de la vie avec mes enfants plutôt que de m’inquiéter et de rater de beaux moments, même si ce n’est pas toujours évident!

Et vous, mettez-vous les petits bobos (ou même les plus gros) de vos enfants de côté? Savourez-vous la belle vie qu’ils construisent?

Fanny C.