LA COVID M’A FAIT CHANGER DE CARRIÈRE

J’étais à l’emploi d’une compagnie aérienne canadienne depuis 2007. J’ai commencé en tant qu’agent de bord, puis je suis devenue directrice de bord en 2013. Je cumule donc 13 ans d’ancienneté, ce qui est considéré comme relativement «junior» dans cette industrie. J’avais la chance d’avoir un poste dans ma ville de résidence à Montréal (YUL, pour les pros).

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

J’ai effectué mon dernier vol en tant que directrice de vol le 16 mars dernier.

Un court Toronto-Montréal, une route habituelle, standard. Le coronavirus commençait à faire des siennes, les vols étaient de moins en moins occupés, les passagers commençaient à démontrer une certaine nervosité. Une passagère portant un immense chapeau de paille est débarquée de mon vol à Montréal en me disant «vous avez gâché mon voyage au Vietnam, j’étais supposée revenir en mai». Sorry, madame.

En escale à Halifax la veille, j’avais eu ce «feeling» que j’effectuais mon dernier vol «pour un petit bout de temps».

Rien, pourtant, n’avait changé à ce moment-là, au niveau du service en vol ou des règles d’hygiène en général, même si nous portions une attention particulière à la désinfection des appareils depuis janvier. Certains membres d’équipage avaient cependant commencé à porter des masques et des gants pendant les vols. (Note que je ne connais pas UN ou UNE agente de bord qui ne se lave pas les mains de façon compulsive, covid ou non).

Puis, le confinement est arrivé en mars, la semaine suivante de mon dernier vol.

Ayant une petite puce de 3 ans à la garderie, j’ai décidé de prendre avril de congé puisque je n’avais plus de service de garde.

J’ai travaillé en mai, comme agent de bord, j’ai eu la chance d’aller en Allemagne. Je n’étais pas à mon poste, mais j’avais la chance d’être encore employée.

Le 6 juin, pour être précise, j’ai eu mon courriel de mise à pied.

Ça fait mal.

Plus de la majorité de mes amis et collègues se sont retrouvés sans emploi. Des gens avec 20 ans d’ancienneté et plus. Le coronavirus avait gagné.

Je ne crois pas à la chance dans la vie, je crois que tout un chacun est responsable de cette «chance».

Je me suis trouvé un emploi fantastique au service à la clientèle dans une boutique que vous connaissez tous très bien :o)

J’y suis depuis le 2 juin. Je suis une de celle qui répond à vos questions et avec qui vous jasez de vos registres de bébé ou de vos questions sur les sièges d’auto (ou ma passion, les poussettes). Je m’y sens à ma place et j’adore mon équipe. Partager mon savoir et mon expérience en tant que maman est ce que j’aime le plus.

Vais-je retourner voler un jour? Sûrement. Mais je ne suis pas aussi pressée que je l’étais.

ABC