La créativité, mon outil d’intervention incontournable

La parentalité ou discipline positive et les approches bienveillantes sont très à la mode ces temps-ci. Avec raison d’ailleurs, on comprend mieux les cerveaux des enfants et on essaie de s’arrimer pour leur offrir un développement et une santé mentale positifs pour toute la vie.

Ces approches sont supers sur papier, mais parfois quand arrive le temps de gérer une crise et que nous sommes nous-mêmes pas dans un super état, la bienveillance est difficile à trouver dans le coffre à outils.

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Ici, j’ai une poulette de 20 mois avec une personnalité colorée et forte. Elle avait 3 mois qu’elle nous faisait déjà savoir ce qu’elle voulait avec beaucoup d’intensité. Donc on peut s’imaginer que, maintenant, quand elle s’affirme ou quand elle vit une émotion c’est pas dans la dentelle.

Pour nous aider avec la gestion des comportements plus difficiles, on fait appel à une chose très importante: la créativité.

Être créatifs rend notre quotidien avec elle tellement plus facile et agréable. J’avais envie de vous partager nos bons coups. Qui sait, ça peut en inspirer d’autres.

La gestion des fins

Lorsqu’une activité se termine et qu’on a 20 mois, c’est parfois le drame d’une vie. On vivait une grande difficulté avec le lavage de mains. Notre fille trouvait ça pas mal awesome d’avoir les mains savonneuses dans le lavabo. On avait beau lui expliquer, lui dire des trucs du genre, «ok encore un pouiche et on ferme l’eau». Elle s’en foutait. Et quand on l’arrêtait de force on avait droit à une méga crise.

On nommait son émotion (comme suggéré dans l’approche bienveillante), mais elle restait fâchée longtemps et il fallait une énorme diversion pour l’aider à se calmer. Genre, un show de marionnette improvisé dans le salon. Finalement, on a décidé de s’y prendre différemment.

On a inventé une chanson qui explique les étapes du lavage de mains. À la fin de la chanson, c’est terminé. Un succès instantané. Plus aucune crise. Elle ferme le robinet elle-même. Merci aux Trois Accords pour la mélodie. «Lave tes mains Simone!»

La contrainte par le jeu

À la piscine, notre fille ne voulait pas mettre ses flotteurs. Oui, on a l’option de lui mettre tout simplement, mais personne n’aura de fun. Elle va se débattre, pleurer et on va avoir un bon 10 minutes poches alors que le but d’aller à la piscine c’est de s’amuser. Mon copain a mis son visage dans le trou du flotteur. Ils ont joué à «touche mon nez». Simone trouvait ça bien rigolo et en deux temps trois mouvements, son bras était passé dans le flotteur.

Chez nous, c’est moi la créative, mais mon amoureux est devenu un as depuis qu’il est papa. Tout est plus amusant en jouant. On se rend dans le bain en faisant la grenouille. On se lave en chantant. On brosse les dents des poupées avant de brosser celles de bébé.

La diversion

On le connaît, ce truc. On l’utilise tous un peu instinctivement pour détourner le regard de notre progéniture ou pour faire cesser les pleurs après un petit bobo. Nous l’utilisons aussi dans les moments de crises et ça marche. Mais là on parle de diversion astucieuse. Une crise de bacon ne s’arrête généralement pas avec un simple: «Oh ! Regarde chérie, maman a mis une banane sur sa tête.»

Lors du départ d’un restaurant très chargé et aux décos over stimulantes, ma fille a refusé de se faire habiller. Elle voulait continuer d’explorer cet endroit étrange. Sa stratégie (assez efficace): s’échouer sur le sol et faire la pâte molle. Le tout accompagné de pleurs, de cris et de NOOOOONNN! Pendant que papa tentait de la raisonner et de l’habiller de force, je suis allée chercher une carte d’affaires. Elle brillait en plus. Et je lui ai dit: «Simone, ça te fâche de partir parce que tu as beaucoup aimé te promener ici. C’est un joli restaurant. J’ai eu une idée, j’ai pris leur carte d’affaire pour qu’on se souvienne de l’endroit et qu’on revienne. Tiens, garde-la précieusement.» Et hop, on avait une petite cocotte qui collaborait et qui tenait très fort la jolie carte argentée.

Les tâches

Dès que notre fille a été capable de marcher, elle ne voulait plus être dans les paniers d’épicerie. Faire les courses avec elle est devenu tout un défi. Notre meilleure arme est de lui donner des missions. Elle part avec papa et doit trouver le pain. Rendue à la caisse, elle dépose (garoche) les aliments sur le tapis. Lui donner des tâches lui permet d’avoir du plaisir dans une activité d’adultes pas vraiment amusante pour un enfant. On évite alors les crises.

À la maison, elle vide le lave-vaisselle depuis ses 13 mois, elle fait ses smoothies, déchire la laitue pour la salade et passe le mini aspirateur. Je crois qu’on évite souvent de faire participer les enfants quand ils sont tout petits parce que c’est plus compliqué, plus long pour nous, mais ça vaut la peine.

En plus de développer leur autonomie, ça augmente leur confiance et ça nous fait passer de meilleurs moments en famille. Car oui, à cet âge quand ça veut participer et qu’on leur dit non, ça pète des coches. Et gérer des crises de bacon ou des pâtes molles, c’est brûlant pour tout le monde.  

Le point commun de ces petits trucs: la créativité.

Je trouve qu’on en parle peu de cette qualité parentale qui est pourtant essentielle. Ici, on a la preuve vivante qu’on n’a pas besoin d’être un créatif né pour devenir un bon parent créatif. Mon copain est plus du type cartésien et pourtant chaque jour je suis impressionnée par ses interventions.

Et vous, est-ce que la créativité fait partie de votre style parental?

Valérie T-D