La maman est malade

Une maman, c’est fort. Ça peut soulever des montagnes pour ses enfants. Ça peut ravaler ses larmes pour ses enfants. Ça peut changer le monde pour ses enfants. Et ça peut même oublier qu’elle est malade pour ses enfants.

Bien souvent, la vie fait bien les choses.

Quand la maladie se pointe le bout du nez à la maison, la maman est si occupée à gérer les doses de médicaments, les rendez-vous chez le docteur, le manque de mouchoirs, les nuits fiévreuses sans sommeil, les vomis-projectiles et les diarrhées explosives de toute la famille que son corps à elle n’a pas le temps d’être malade.

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Alors que le corps du papa capitule souvent dans le fracas tel un souverain plaintif, le corps de la maman lui attend (patiemment) son tour. Ce n’est que quand le dernier éternuement ne fut que l’écho d’un souvenir lointain qu’elle s’effondrera à son tour.

Mais la maman malade est une créature à part.

Même si elle passe la nuit à tousser, vomir ou pire, elle se lèvera demain matin avec le «sourire» quand les premiers rayons du soleil feront ouvrir leurs yeux à ses merveilleux rejetons. Certes, elle risque de se consacrer à des tâches légères comme initier sa progéniture à l’ensemble des classiques des Disney, le concours du dessin le plus long à faire ou encore simplement l’art subtil de la contemplation des jeux d’enfants vus depuis le sofa. Mais elle n’en répondra pas moins présente à chaque fois que l’appel magique de l’enfant en recherche d’attention se fera entendre. Chaque verre d’eau sera livré, chaque dessin sera inspecté et chaque petit bobo sera embrassé.

Quand l’heure des repas sonnera, la maman malade ravalera son coeur afin de l’avoir moins dans la gorge et s’assurera que sa descendance reçoit sa pitance.

Certes, la soupe Lipton et les grilled cheese pourront être à l’honneur et il est possible que le guide alimentaire canadien n’approuve pas tout le menu, mais la maman malade est une survivante, une battante, mais pas une folle.

En cours de journée la maman malade se remémorera sans doute l’époque où elle était seulement une enfant malade.

Et où elle avait une maman qui s’occupait d’elle. Elle se reverra pleurant pendant que sa maman lui caressait les cheveux et elle réalisera que sa maman était peut-être aussi une maman malade. Elle cherchera dans sa mémoire un souvenir de quand sa propre mère avait été malade et n’en trouvera peut-être aucun. Elle espérera alors secrètement qu’il en sera de même plus tard pour ses enfants. Elle se donnera une petite tape dans le dos en se disant qu’elle est une bonne maman, même en étant une maman malade.

Ce n’est que le soir venu, une fois que les derniers bisous auront été faits, une fois que le dernier petit oeil se sera fermé pour la nuit que la maman malade se permettra un moment de faiblesse.

Elle regardera son amoureux déjà somnolent et lui dira: mon amour, peux-tu me faire un bon thé et aller m’acheter des Tylenol à la pharmacie… et du chocolat parce que je suis un peu malade, tu sais…

À vous toutes les mamans malades, présentes et futures, je lève ce soir ma cuillère de NyQuil.

Sans nous, le monde continuerait sans doute de tourner, mais je pense qu’on fait quand même une belle différence! N’oubliez pas de vous reposer et de boire beaucoup de liquide!

Marie Pier B.