La nostalgie du p’tit dernier

Quand nous avons eu notre dernier enfant, je me sentais enthousiaste et soulagée. C’était mon troisième et après deux grossesses en deux ans, j’avais hâte de passer à un autre appel comme on dit, de vivre autre chose. C’est que ma dernière grossesse, je l’ai trouvée vraiment difficile psychologiquement parlant. Je voyais enfin la lumière au bout du tunnel!

Bébé trois était un bébé parfait pour notre climat et notre routine familiale.

C’est Monsieur Bonheur depuis le jour 1! Donc, j’ai adoré profiter de doux moments avec lui et je crois que ça m’a permis de faire mes petits deuils, un à la fois. Le deuil du peau à peau, de l’allaitement, du quatrième trimestre… Le tout, en m’émerveillant encore une fois et en tentant de trouver mon rythme de maman de trois enfants en bas âge. Une fois que nous avons eu notre routine bien en main, nous avons pu voguer sur cette vague dans le bonheur. Ce ne fut pas aisé, ça ne l’est pas toujours, mais graduellement, je me suis surprise à me dire que j’avais hâte à la prochaine étape.

Hâte de le voir sourire, hâte de le voir se tourner, ramper… Hâte de pouvoir souffler un peu, de voir mes trois enfants jouer ensemble, de les voir tisser des liens, de trouver notre rythme bien à nous…

Et c’est bien ce qui est arrivé! Au fil des jours, Monsieur a évolué à la vitesse grand V.

Nous avons peiné à nous adapter à son rythme toujours plus rapide! Mais c’était le sien et nous l’acceptions.

Puis, un beau jour, j’ai réalisé que mon petit bébé n’en était plus un!

Que de nourrisson, il était un poupon et bientôt il serait un bébé capable de se déplacer seul, capable de répondre à certains de ses besoins seul. Le jour où il s’est mis à ramper, maman a reçu toute une gifle au visage: plus jamais je n’aurai de bébé bien à moi!

Cette étape de ma vie est finie. Et j’ai ressenti une intense nostalgie…

Vous allez me dire que je ne sais pas ce que je veux, moi qui avais si hâte de pouvoir souffler un peu… Mais comme toute étape qui se termine, il y a un deuil à faire. Et l’affaire, c’est que j’adore être maman! J’ai adoré chaque étape de vie de mes enfants et même après trois bébés, je m’émerveille toujours autant lorsqu’ils repoussent leurs limites, lorsqu’ils acquièrent de nouvelles habiletés. Et à chaque fois, je me dis que la vie va donc vite, que le temps me file entre les doigts! De voir mon p’tit dernier évoluer en sachant que nous allons vers l’avant, que nous passons à une autre étape, ça me fait un pincement au cœur…

Je suis atteinte de la nostalgie du p’tit dernier, je crois…

Et avec ça vient une panoplie de symptômes: l’envie de faire le plein de moments doux, d’engranger des câlins (baveux la plupart du temps, mais tsé, comment résister?!?). L’envie de proximité (moi qui n’a jamais été une maman proximale, je me surprends à avoir des envies de co-dodo, de portage prolongé, de juste chiller avec mon fils…)

Et vous savez quoi? C’est tellement correct! Fini la pression de répondre à toutes sortes d’exigences, juste le bonheur de vivre le moment présent avec fiston et ses sœurs qui, elles aussi, grandissent si vite…

La nostalgie du petit dernier est la plus belle des maladies, car ça veut dire une chose merveilleuse. Ça veut dire, selon moi, qu’on s’est donné à 100% pour nos enfants, que des liens se sont créés et que nous sommes en voiture pour le plus beau des road trip: la vie!

Et toi, quand la nostalgie du p’tit dernier t’a-t-elle frappée?

Mélanie J.

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Mélanie Julien

À propos de l'autrice

Mélanie Julien

Heureuse maman de trois petits êtres humains en devenir, Mélanie vit pleinement avec son conjoint la belle aventure de la parentalité! Elle souhaite montrer à ses trois merveilles à s’épanouir, à s’affirmer et à révéler au monde tout ce qu’elles ont de beau, de grand et d’exceptionnel!

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