La première petite chicane: une leçon d’humilité

Elle est devant moi, ce petit bout de femme beaucoup trop jeune pour vivre cette peine… Je suis là, impuissante face à ses larmes, à chercher dans ma tête quoi faire pour apaiser son petit coeur…

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Et ensemble, nous venons de vivre un moment inévitable dans notre relation mère/fille: notre première chicane…

Ben voyons, qu’est-ce qui s’est passé?!

Ok, ok je vous mets en contexte:

Dans un instant où j’étais si heureuse d’essayer mon nouveau manteau de portage, elle m’a clairement signifié qu’elle ne voulait pas être portée au dos dans ce bidule qu’elle ne connait pas… Du haut de ses 18 mois, j’ai eu le droit à un non catégorique frôlant l’arrogance. Pourtant, elle adore se faire porter D’HABITUDE, j’ai donc fait fi de son refus et j’ai réessayé. Et c’est là ma grosse erreur…

Cette réaction, je ne l’ai pas vu venir même si elle était absolument prévisible. Elle a crié, pleuré et elle s’est débattue comme jamais. J’ai décidé de la déposer et c’est alors qu’elle m’a tapée du plus fort qu’un bébé puisse le faire. Insultée raide, je l’ai regardée avec des yeux fâchés, je lui ai tenu la main et j’ai dit fort: NON, on ne tape pas!

Et là, mon coeur s’est fendu… genre comme un miroir qui a reçu une balle de baseball frappée à 100km/h.

Elle était assise devant moi, a tiré sa main vers elle en un reflex et elle s’est mise à pleurer. Mais ce n’était pas ses pleurs habituels… C’était comme si la tristesse avait eu le dessus sur ses sourires, sur ses rires de petite fille qui découvre le monde. Ma fille avait de la peine, de la vraie peine… et j’en étais responsable.

J’ai figé devant elle. Je la regardais pleurer et j’étais incapable de dire ou faire quoi que ce soit… Ce combat intérieur d’une maman qui veut tout faire pour retirer le chagrin de son enfant et qui sait qu’elle a simplement mis une limite nécessaire dans l’éducation d’une petite poule qui ne fait pas encore la distinction entre le bien et le mal.

Les minutes passent. Le temps est long, ça fait mal dans ma tête, dans mes mains. Ses sanglots sont devenus de moins en moins forts. Ses cris s’atténuent tranquillement. J’approche pour essuyer ses larmes et elle dépose sa petite main sur la mienne. Je regarde dans ses petits yeux pleins d’eau et je lui dis doucement: est-ce que tu veux qu’on se fasse un câlin?

Ce qui s’est passé ensuite, c’était doux… tellement doux…

Elle a tendu les bras vers moi et a collé sa tête contre mon épaule en me serrant très fort. Je sentais sa respiration pleine de chagrin contre mon coeur, son petit souffle humide et ses petits murmures dans mon oreille. Je me suis surprise à pleurer aussi… et j’ai chuchoté doucement: maman s’excuse mon bébé…

Et voilà, on s’est réconciliées et on a passé une méchante belle journée ensemble à jouer et à rire…

J’ai appris une grande leçon aujourd’hui: même si sa réaction n’était pas adéquate, je dois comprendre qu’elle a aussi droit à ses limites et je me dois de les respecter.

Après tout, c’était très égoïste de ma part de faire passer mes désirs avant ses besoins…

En d’autres mots, je méritais de me faire remettre droite par ma coucoune!

Pis le manteau est resté ben loin! On s’essaiera un autre jour, c’est loin d’être important.

Gabrielle R.