La solitude qui vient avec la perte d’un proche

Je suis entourée. La vie bourdonne autour de moi. Mes enfants sont en santé, joyeux, souriants, explosifs, pétillants, énergiques. Mon mari est présent. Je vois des amis régulièrement. Je vois ma famille et des collègues de travail. On parle, on rit, on va marcher, on semble profiter de la vie. Pourtant, je me sens terriblement seule.

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Je me sens seule dans ce deuil, dans ces émotions, dans l’apprentissage de l’absence de cette personne si précieuse.

Je suis merveilleusement bien entourée et les gens autour de moi sont des anges. Chaque personne qui m’entoure, de près ou de loin, m’apporte un rayon de soleil, d’espoir ou d’amour. Les situations difficiles rapprochent les gens et font ressortir des forces encore inconnues chez certains.

Malgré ça, le deuil est unique à chacun.

Le deuil est encore un sujet si fragile. En fait, les gens ne savent rarement comment agir face à la douleur de l’autre en lien avec la perte d’un être aimé. En aucun cas, je ne reprocherais cela à mon entourage. Malgré un baccalauréat en relation d’aide (aka travail social) en poche, je me suis toujours sentie démunie et maladroite dans ces situations. Il n’y a tellement pas grand-chose à dire dans le fond.

C’est donc ce sentiment d’incompréhension qui augmente la solitude face au deuil, face à une nouvelle réalité avec laquelle on doit conjuguer malgré nous.

On parle de défis englobant la maternité, la réalité des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, de la charge mentale, mais du deuil? On parle avec facilité de différents défis quotidiens, mais cette réalité semble pas mal moins tendance et ainsi, isolante. Et ce, non pas dans le sens physique du terme, mais davantage émotionnellement. Un tourbillon d’émotions, de souvenirs, de pensées. Un sourire et ensuite des pleurs. Une belle journée ensoleillée qui se transforme en ouragan. Ça nous fouette en plein visage quand on y s’attend le moins. Le besoin de ventiler, mais l’effort d’expliquer ce qu’on a nous-mêmes de la difficulté à exprimer.

Une montagne russe d’émotions, une valse vers un apaisement et bien de l’indulgence envers la femme, conjointe et maman que je suis. À vous qui le vivez, soyez doux envers vous-mêmes.

Marjorie C-H