La tocophobie ou comment avoir peur d’accoucher

Je suis, depuis toujours, une très grande cinéphile, mais j’ai un penchant bien assumé pour le suspense et l’horreur. Je réussis très bien à m’endormir suite à l’écoute d’un film d’épouvante, après avoir vérifié trois fois plutôt qu’une que mes portes sont bien barrées, mais ça je le fais déjà même après un épisode de Bob L’Éponge.

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Mon cauchemar à moi, mon film d’horreur qui m’empêche de dormir et qui me laisse tomber sous le charme d’une crise d’angoisse sournoise le soir avant d’aller me coucher, c’est l’accouchement. 

Oui, c’est dit, j’ai plus peur d’accoucher de mon premier bébé que de me faire vandaliser dans mon appart montréalais pendant mon sommeil ou d’être kidnappée par je ne sais quel méchant de film d’horreur.

Ça a TOUJOURS été l’étape la plus terrorisante de mes projets de devenir mère.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai ce désir au plus profond de moi d’un jour remplir ce précieux rôle aux yeux d’un petit humain, mais la simple idée que ce fameux petit être devra éventuellement sortir de mon corps, d’une façon ou d’une autre, me pétrifie de terreur.

Chaque fois que je parle de ma grossesse à quelqu’un de nouveau, TOUTES les mamans se sentent obligées de me décrire en détail leur horrible expérience en salle d’accouchement.

Mesdames, permettez-moi ceci: à chaque nouvelle histoire d’accouchement que j’entends, je n’en retiens que le pire.

Voici donc ma perception de ce qui va se passer dans pas moins de 5 semaines selon le compte rendu de vos péripéties.

Je vais perdre mes eaux dans l’endroit le plus impersonnel que la Terre ait porté, la douleur sera à 13/10, je vais avoir des contractions fulgurantes et larmoyantes aux 4 minutes en vidant le contenu de mon estomac à chaque fois. L’ambulance n’arrivera jamais donc nous allons prendre ma voiture qui tombera en panne et devrons donc prendre un taxi dont le conducteur peu pressé ne parlera pas un mot français. 

Enfin rendue à l’hôpital, je vais souffrir pendant 64 heures avant de pousser pendant 4 autres heures pour ensuite laisser mon corps s’ouvrir en deux de la colonne vertébrale jusqu’au nombril. J’aurai donc besoin d’une quarantaine de points de suture avant de pouvoir enfin prendre mon bébé dans mes bras et repartir chez moi des jours plus tard sans avoir le plaisir de mettre un pied devant l’autre sans hurler de souffrance pour au moins 2 bons mois. 

Ceux qui me connaissent bien diront que je maîtrise à merveille l’art de l’exagération, et c’est bien vrai, mais ceux qui me connaissent encore mieux savent que ma peur est bien réelle.

Je suis pleinement consciente que c’est une expérience totalement différente pour chacune d’entre nous, mais l’anticipation de celle-ci en est tout aussi divergente d’une femme à l’autre. 

Alors, à toi, la prochaine maman que je croiserai sur mon chemin, ne me raconte pas comment s’est déroulé ton accouchement. Épargne mon esprit dérangé et mon imagination débordante de ce récit trop précis qui ne quittera jamais mon esprit. 

À toi, la maman que je croiserai après mon fameux jour J, je ne te raconterai pas mon accouchement. Sauf si tu y tiens vraiment, ça va me faire plaisir de te terroriser à mon tour ou de te faire éclater de rire puisque, connaissant mon chum et moi, ça risque d’être une péripétie assez hilarante. 

Et toi, comment anticipes-tu ton accouchement?

Kim L.