L’adultocratie : une petite histoire de la domination adulte

Les révolutions faites par et pour les enfants*, des écoles autosuffisantes et une remise en question du pouvoir adulte sur les mineurs.
Ces concepts vous semblent plutôt avant-gardiste? Pourtant, Yves Bonnardel relate dans son livre La Domination Adulte que cette idéologie date de bien avant les années 1900.

On commence ici avec le droit des enfants, des humains.

Il faut se parler franchement des injustices socialement acceptées en fonction de l’âge et du statut de mineur ; du fait que ces concepts-là, on les a vécus et on décide de les reproduire avec nos enfants. Que ce soit des humains autonomes ou pas, nous avons tous les mêmes besoins de bases : être respecté.e, être aimé.e, être entendu.e et valorisé.e pour qui nous sommes et nos capacités.
L’adultocratie, ou plutôt le système d’oppression politique et moral accepté de manière générale par la société, empêche l’enfant de faire valoir ses droits fondamentaux et de pouvoir être entendu à sa juste valeur.

VENTE ANNUELLE
Démos de Poussettes, Sièges de voiture et Mobilier
Voir l'événement

En effet, avoir le pouvoir total sur une vie autre que la sienne, c’est aussi devoir accepter que notre comportement formera l’adulte qu’il ou qu’elle deviendra; se remettre en question et donc, devoir prendre en considération que la vie d’autrui leur appartient, et qu’il devrait leur revenir le plein pouvoir.

Beaucoup d’entre nous avons tendance à considérer comme justes, inévitables, nécessaires, les privations de liberté que nous avons subies étant enfants, les injustices, les réprimandes paternalistes, les humiliations et les punitions ¹  ².
Ceci dit, la majorité devenue majeure trouvera donc logique de reproduire ces comportements pour amener les enfants à des comportements dits conformes, le plus possibles d’eux-mêmes, peu importe les dégâts causés au long terme.

L’école traditionnelle que nous connaissons en fait aussi partie ; forcer l’enfant à apprendre à la pelleté des matières qu’il ou qu’elle doit apprendre au même rythme que ses camarades n’aide en rien à développer ses capacités mentales plus qu’à le mouler pour le monde adulte qui l’attend dans ce système décousu.

À la place, en Europe à plusieurs moments de l’histoire, des gens se sont créé des écoles autodidactes, voire autosuffisantes. Les adultes n’y étaient que par obligation par la loi, et des plus jeunes pouvaient enseigner des concepts qu’ils ou qu’elles avaient compris à des plus vieux et vice-versa. Résultats? Chacun.e évolue à son propre rythme et apprend/enseigne selon ses forces et ses faiblesses, mais surtout, selon ses capacités, sans honte ni gêne de revenir avec un échec à la maison. C’est ce que reflète le concept d’apprendre sans se faire éduquer ; un apprentissage plus positif et mieux adapté.
Il faudrait donc prévenir et s’attaquer aux structures identifiables qui causent ce système d’inégalités, plutôt que de reproduire ces concepts usés et problématiques.

Au final, leur volerait-on leur enfance en changeant nos habitudes ou est-ce que nous imposons le concept d’enfance dès la naissance à des gens qui n’ont demandé qu’à évoluer au mieux de leurs capacités?

Médéri.

* Le terme enfant est utilisé ici pour décrire tout humain en dessous de l’âge majeur et pour faciliter la compréhension du texte.
Sources :
¹. Alice Miller, 1984 C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant
². Yves Bonnardel, 2015 La Domination Adulte