L’ANXIÉTÉ DU CONGÉ DE MATERNITÉ

Ahhh le fameux congé de maternité! Je suis présentement enceinte d’une deuxième croquette. La seule chose que je n’avais pas prévue, c’était une pandémie!

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Lorsque ma patronne est venue m’annoncer un matin que cela serait ma dernière journée de bureau et qu’après je serais exclusivement en télétravail jusqu’à mon retrait préventif en raison de la pandémie, une vague d’anxiété m’a submergée.

L’idée d’être exclusivement chez moi jusqu’à mon retour au travail m’a fait paniquer. Je savais très bien que le télétravail ne serait pas de longue durée, tous mes collègues sont sur le terrain à gérer les effets de ladite pandémie. En télétravail, j’allais vite devenir inutile.

J’ai mal vécu mon premier congé de maternité.

Ce sont ici des mots tabous que peu de mères osent prononcer. Cependant, j’ai réalisé que c’était plutôt courant lorsque j’abordais le sujet avec d’autres mères. Je précise ici: être maman c’est formidable, ma vie de famille est merveilleuse et mon doux que j’aime mon fils. Cependant, j’ai toujours carburé à 100 km/h. J’ai longtemps travaillé dans mon domaine en étudiant en même temps. Après, j’ai toujours fait d’autres projets sur le côté (allô, Agatha!). Je suis comme ça.

Donc, à mon premier congé, j’ai frappé un mur. Avec la fatigue, la chute d’hormones et un changement drastique de rythme de vie, madame dépression post-partum est venue frapper à ma porte. Pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi ça m’arrivait, j’avais un bon réseau, un fils merveilleux, je faisais beaucoup de sport et j’ai rencontré d’autres mamans qui sont devenues mes amies. 

C’est à mon retour au travail que ça l’a fait clic dans ma tête.

Mes symptômes ont diminué jusqu’à disparaître complètement, je me sentais mieux dans ma tête et dans mon corps, je n’avais plus de sautes d’humeur et mes crises d’anxiété se sont espacées pour finalement cesser. J’ai même pu cesser mes suivis.  Mon conjoint m’a aidé en ajoutant les dernières pièces du casse-tête. Je nommais que je m’ennuyais à être uniquement à la maison, j’ai quasiment usé les trottoirs de la ville à force d’aller marcher pour sortir de la maison, j’aimais de moins en moins voir nos amis, car la plupart des conversations tournaient autour du travail, ce qui me faisait sentir mal, car je n’avais rien à dire et je cherchais souvent des petits projets pour m’investir afin de faire quelque chose. Bref, j’ai réalisé que la vie exclusivement composée de tâches ménagères, des nombreux suivis pour bébé (mon gars en a eu une tonne, mais ça, c’est une autre histoire) et de séries Netflix n’est pas pour moi. J’ai besoin de me réaliser dans un autre rôle afin de préserver ma santé mentale.

Mon retrait préventif vient de commencer. J’appréhende ce congé de maternité, car j’ai peur de retomber dans mes vieux travers.

Mais cette fois, je suis bien décidé à nourrir l’hyperactive en moi et à écouter mes besoins. Je me suis inscrite à une formation professionnelle que je peux faire à mon rythme et j’ai également choisi de m’inscrire à l’université distance. Je vais faire un cours et voir comment ça se passe pour continuer et finir mon congé avec une attestation en poche. J’ai même décidé de repeindre deux pièces de la maison et d’en reconvertir une, au grand dam de mon chum!

J’en parle ici parce que quand j’en ai discuté autour de moi, j’ai été abasourdie par le nombre de mères qui, sans nécessairement se rendre jusqu’à la dépression, m’ont confié s’être senties comme moi. Qu’elles ont eu l’impression pendant un an d’être déconnectée du reste du monde! Qu’elles avaient, elles aussi, eu hâte de retourner au boulot pour trouver un équilibre! Elles ont cependant eu peur de l’étiquette «mauvaise mère» qui pouvait leur être attribuée si elles en parlaient. Alors que de se sentir épanoui et bien dans sa peau est pas mal l’un des meilleurs cadeaux que nous pouvons faire à nos enfants.

Briser l’isolement commence souvent par une prise de parole, alors voici la mienne!

Daphné C.