L’auto-examen des seins

L’auto-examen des seins. C’est tellement ancré dans l’inconscient populaire que tu n’as même pas besoin de l’expliquer pour que quelqu’un sache de quoi tu parles…

L’auto-examen des seins c’est important! Ça sauve des vies! 

Vivez l'expérience Agatha
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Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais des fois dans la douche ça me revient. Alors je tâtonne comme je pense, un peu à gauche? Plus haut sous le bras? Je pèse assez fort?  Bref je fais de mon mieux et je me donne une bonne conscience en même temps. Mission accomplie, devoir de femme fait! Je ne l’ai jamais fait systématiquement, juste de temps en temps.

Il y a quelque mois, à l’approche d’un grand chiffre qui commence par un 3…, j’ai réalisé que le temps avançait et que je devrais peut-être être plus assidue.

Et c’est là que l’auto-examen des seins a arrêté d’être quelque chose de presque comique.

Parce que cette fois-là, il y avait une bosse.

J’ai figé. La tête pleine de revitalisant. Les yeux ronds de surprise. J’ai inspiré profondément et j’ai retouché au même endroit. Toujours positif pour la bosse. Et c’était pas un petit truc que peut-être j’avais imaginé. Non, non, c’était une belle bosse bien définie et dure. J’ai eu peur. Alors je suis sortie de la douche et j’en ai parlé à personne. J’ai fait la meilleure chose à laquelle j’ai pensé, je suis allée voir sur Internet. (pas fort, je sais), Mais la première chose que les Internets me disaient de vérifier c’était si la bosse changeait avec mon cycle menstruel.  Voilà je me suis dit, ça doit être juste ça. Je vais attendre un mois et voir comment elle évolue selon les jours.

Un mois plus tard, force me fut de constater que rien n’avait changé.

Si ce n’est mon niveau d’inquiétude. Je me suis alors vue contrainte d’en parler avec quelqu’un. J’avais l’impression que dès que j’allais en parler, quelque chose de mauvais allait se produire. Évidemment, mon mari a été mon confident sur le sujet. Je lui ai expliqué que j’avais une bosse sur un sein depuis un mois. Il m’a traitée d’idiote d’avoir écouté les Internets et m’a obligée à téléphoner pour prendre un rendez-vous avec mon docteur le plus vite possible.

Mon docteur, c’est une personne qui n’aime pas les non-sens. Il ne s’enfarge jamais dans les fleurs du tapis parce que je ne pense même pas qu’il lui viendrait à l’idée d’avoir un tapis avec des fleurs dessus. Les dessins, ça sert à rien. Je m’attendais donc à me faire virer de bord en me disant que j’avais perdu son temps avec mes petits bobos idiots. Mais non, pas cette fois.

Cette fois je me suis vu offrir un papier pour prendre un rendez-vous pour une mammographie.

Même si jusque-là l’idée de quelque chose de grave m’avait effleuré l’esprit, je vivais assez confortablement dans le déni. Mais la réalité venait de me rattraper. J’avais peur. Vraiment peur. Pas tant de mourir, mais d’être malade. Juste l’idée de m’imaginer dire à mon père que j’avais peut-être un cancer. De voir ma peur reflétée dans son visage, c’était trop pour moi. J’ai choisi de ne pas en parler à personne tant que je ne serais pas certaine d’être hors de danger. Après tout, plein de gens ont des bosses et ce ne sont pas des cancers. Les kystes c’est pour tout le monde!

J’ai dû patienter 3 (longues) semaines avant d’avoir une mammographie. La dame était froide et dure tout comme la machine. Aucune chaleur dans cette salle. Je frissonnais de froid et de peur. Et malgré ça je suais abondamment de stress, ce qui est amusant parce que tu ne dois pas mettre de déo pour une mammo! Ben oui tu te tiens les bras en l’air pas de déo avec une petite madame qui te replace toutes les deux minutes. C’est plaisant comme tout.  Heureusement, tout le processus a été très rapide. Mais personne ne m’a rien dit. Ce n’était pas leur job. Mais mon docteur était en vacances. Pour vous remettre en contexte. La bosse a été trouvée en avril, la mammographie a eu lieu fin juin. J’ai dû attendre fin juillet pour recevoir des nouvelles. Elles n’étaient ni bonnes ni mauvaises.

C’était non concluant. Je devais aller faire une échographie. Le rendez-vous le plus près disponible était à la fin août.

Fin août, je me retrouve dans une salle d’échographie. Mais cette fois c’était moins heureux que quand j’attendais de découvrir mon bébé. J’attendais de découvrir la nature de ma bosse. Une dame très gentille cette fois m’a observée. Elle a regardé son écran attentivement et a fini par me dire les mots les plus rassurants du monde. «Je ne crois pas que ce soit un cancer». Le lendemain, mon docteur m’a confirmé la nouvelle, mais a ajouté un «mais». MAIS j’aimerais qu’on refasse une écho dans 3 mois pour voir comment ça évolue…. 

3 mois dans l’incertitude c’est toujours plaisant.

Mais on se console en se disant que c’est probablement pas un cancer. Puis étrangement tu apprends à vivre avec ça. Tu es toujours stressée, mais c’est comme si tu ne t’en rendais plus compte. C’est devenu ton état naturel.

Tout ça nous amène à la semaine dernière. Où j’ai eu une nouvelle échographie de la bosse. Cette fois c’était un homme qui ne m’a pratiquement pas adressé la parole. Sauf pour me dire en sortant: «D’après mois c’est un hamartome». HUM. Un mot inconnu.

Internet m’a depuis appris que c’est une lésion bénigne.

Mon cerveau a enregistré bénigne et courut avec. Enfin c’était fini! La chose avait un nom. C’était classé, terminé merci bonsoir! Jusqu’à ce que mon docteur me téléphone à nouveau. Non concluant qu’il me dit.  Il m’envoie en clinique du sein. C’est probablement un hamartome, sauf que mieux vaut ne pas prendre de chance et même là ils vont peut-être décider de l’opérer! Ils vont me téléphoner dans 6 à 8 semaines pour me donner un rendez-vous.

Tout ça pour vous dire que faites votre auto-examen des seins et surtout allez consulter tout de suite parce que même si c’est rien de grave au bout de la ligne, même si le système fait de son mieux, le processus peut s’allonger un peu et plusieurs mois sans avoir la paix d’esprit c’est pas plaisant.

Mieux vaut prévenir que guérir! Bon tâtonnement!

Marie Pier B.