Le premier lundi de mai…

Il faisait beau en titi et j’ai eu une belle journée au bureau .

Comme d’habitude je suis partie à l’heure prévue pour être à la maison à 3:23 pour le bus de ma grande. C’est beau de la voir débarquer du gros bus jaune et de la regarder marcher l’allée jusqu’à la maison. Je suis fière d’elle.

Elle sait que je suis toujours là et c’est important pour elle ce moment.

Papa va toujours chercher ses sœurs en finissant alors nous avons un petit lousse juste à nous. C’est bien une demi heure à jaser de sa journée.

Découvrez la Mini GT2
de Baby Jogger
Voir Baby Jogger

Aujourd’hui , mon mari n’a pas pu être là pour aller chercher les filles. J’ai donc décidé d’y aller à la vitesse de l’éclair. J’étais tight dans mon planning. Trop tight. Je suis arrivée dans la grande allée au bout du rang à 3:24. Durant ma course, j’étais mal. J’étais stressée, je l’ai pas eu. J’y suis pas arrivée.

J’étais en retard d’une minute, je l’ai échappée celle-là.

Ma grande était assise et elle pleurait sur le perron.

Je suis débarquée à la course pour lui expliquer et elle a compris.

Elle m’a dit par contre qu’elle était trop petite pour rester seule.

Je lui ai donné raison. Je serai toujours là pour toi, je te promets ma Sissi .

Il faisait beau , nous sommes restées dehors pour pédaler, le chien s’est sauvé, on a ri et j’ai fait le souper en les regardant se balancer.

Je me suis dis que c’était une belle soirée.

Le souper était prêt, je les ai appelées, elles sont arrivées sans rouspéter! Belle affaire!

Et c’est là que ça s’est gâché.

Je me suis étouffée avec ma salade de bokchoy. Pas m’étouffer comme je tousse et ça va.

NON , je vous épargne certains détails, mais laissez-moi vous dire que je l’avais de travers pour de vrai.

Flavie, du haut de ses 6 ans à pris en charge la situation. Elle qui deux heures plus tôt m’a dit qu’elle était encore trop petite pour rester sur le perron, la même à qui j’ai promis d’y être pour toujours, a su gérer une période de crise comme nous ne l’avions jamais vécu.

J’ai eu peur. J’ai réussi à mettre le numéro de mon mari dans le téléphone pour qu’elle lui parle. J’avais peur qu’elle fige en contactant le 9-1-1. J’avais peur qu’elle ne se sente pas à la hauteur et qu’elle soit prise avec ça pour la vie si jamais j’y arrivais pas. Ça a failli.

Je l’ai vu la fin. J’ai pensé que ça avait été ben beau toute cette histoire-là, mais je me disais que je pouvais pas scrapper la recette de même tsé! J’ai eu peur de m’effondrer devant elles et pas me réveiller, mon mari a eu le plus grand sentiment d’impuissance jamais vécu et mes enfants aussi petites qu’elles soient on gardé leur sang froid comme leur papa.

Mon mari est arrivé, j’ai dû aller à l’urgence pour vérifier l’état de ma gorge. C’est enflé mais ça va.

Assise à l’hôpital, j’ai réalisé que ça aurait pu se finir drette là. J’avais le coeur gros .

J’ai eu le feeling d’urgence, de panique et j’ai eu peur. Pas une peur que j’avais connue avant tsé. Je pense qu’on dit une peur bleue, la mienne était verte! Ce feeling tellement puissant qui se sent partout en dedans pis qui se transmet à ceux qui sont près de toi… les filles l’ont attrapé ce soir je crois .

J’avais promis à ma grande d’être toujours là pour elle. J’y serai et à partir de maintenant je sais que ça prend pas grand chose pour perdre tout l’essentiel . C’était une soirée ordinaire qui aurait pu être là dernière, un lundi soir de salade de bokchoy que j’aurai sur le cœur longtemps.

Et vous, l’avez-vous déjà eu la grande frousse, celle qui ne s’oublie pas ?

Alexandra D.