Le secret de ma bonne humeur

Durant une bonne partie de ma vingtaine, j’étais en colère. Pas une colère explosive qui détruit tout sur son passage, mais plutôt une colère passive/agressive qui détruit les relations et le plaisir. Je n’étais pas volontairement désagréable, c’était totalement subconscient. En fait à l’époque si tu me l’avais demandé je ne t’aurais pas dit que j’étais désagréable je t’aurais dit que c’était le reste de l’univers qui était incompétent. Je suis de nature perfectionniste (pas sur tout par contre… comme pas tant sur le ménage, mais la façon de plier les serviettes ou l’ordre dans lequel on doit ranger les ustensiles, oui!)  Et je m’attends souvent à ce que les gens aient la même éthique de travail que moi. Disons que j’étais souvent très déçue.

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Bref, j’avançais dans la vie me questionnant sans cesse sur la sélection naturelle jusqu’au jour où j’ai procréé.

Et ici je tiens à dire, jamais ne me serait venue l’idée de juger les enfants comme je jugeais les adultes même avant de devenir maman. Mon coeur a toujours eu une place spéciale pour les tout-petits. J’attendais jusqu’à ce qu’ils atteignent 16-17 ans. Ensuite je me réservais le droit de les juger comme tous les autres adultes. Bref un jour je suis devenue maman.

C’est un rôle fantastique qui vient avec plein de bons et moins bons côtés.

J’ai vite réalisé que je n’avais plus la capacité mentale d’entretenir mon constant état de frustration.

C’était beaucoup trop épuisant. Avant d’avoir ma fille je ne réalisais tout simplement pas toute l’énergie qui passait à juger le reste de l’humanité. Mais force m’était désormais de constater que je devais faire un changement dans ma vie. Je pouvais éviter les autres humains le temps que l’épuisement se passe où je pouvais *horreur* travailler sur moi-même. C’est ce que j’ai décidé de faire. Et ma vie a changé du tout au tout. Ce n’a pas toujours été simple, mais si j’y suis arrivée, tu le peux toi aussi.

C’est pourquoi aujourd’hui je vais vous expliquer la recette de mon bonheur quasi constant. 

Parce que oui après quelques années c’est devenu une deuxième nature chez moi. De cette personne constamment frustrée je suis devenue un véritable rayon de soleil. 

Le truc? Je choisis d’être de bonne humeur.

*Booouuuuuuu*, je vous entends. Ça semble stupide, mais je vous explique. Au début c’est difficile. Ne te fais pas d’idée là-dessus. Mais après on n’y pense même plus. Le matin je me réveille et je me dis: aujourd’hui je vais être de bonne humeur. Alors je me lève. Et là je constate que le chat a encore vomi dans mon tiroir entrouvert. Je dois relaver le tiroir au complet et en plus je n’ai plus rien à mettre aujourd’hui… alors la colère monte? Oui, bien sûr, mais je réalise que j’ai deux choix.

Je peux exploser et me fâcher et sacrer pour finalement faire le lavage.

Ou je peux seulement faire le lavage et garder mon énergie pour autre chose. Puis la journée continue et ma voiture tombe en panne dans le trafic. La colère monte, mais j’ai deux choix. Je peux me fâcher exploser et sacrer puis appeler la remorqueuse ou je peux appeler la remorqueuse et garder mon énergie pour autre chose. J’arrête chez Tim et je prends un muffin et un grand thé. Arrivée à mon rendez-vous je réalise que j’ai un beigne poudré à la confiture et un chocolat chaud.

La colère monte et j’ai plusieurs choix!

Je peux appeler et me plaindre, je peux tout jeter à la poubelle en sacrant qu’ ils ne me reverront jamais la face là ou je peux tout simplement sourire, réaliser que quelqu’un quelque part est sûrement déçu d’avoir mon thé et réaliser qu’aucun employé ne se lève le matin en se disant « tiens aujourd’hui je vais faire une erreur à mon travail pour le plaisir » et puis après ça je peux manger le beigne ou l’offrir à quelqu’un qui l’appréciera plus que moi. Parce que peu importe le choix que je fais dans cette situation. La personne qui en sera le plus directement affectée et bien c’est moi.

Et moi je choisis d’être heureuse et de bonne humeur, bon!

C’est plus facile à dire qu’à faire? Oui!

J’y arrive toujours dans toutes les situations? Non!

Mon dieu non! Il m’arrive encore de me fâcher quand ça fait 75  fois que je demande à un enfant de ramasser ses Legos et que je mets le pied dessus en pleine nuit. Mais ça ne dure jamais longtemps parce que je m’épuise et je réalise que ce n’était pas une étape nécessaire dans le processus de résolution de problème.

En conclusion, tout simplement en choisissant consciemment d’être de bonne humeur, j’ai changé ma vie du tout au tout. Je suis plus relax. Plus amusante à côtoyer et je suis géniale pour désamorcer des situations explosives autour de moi. Et ce n’est pas que ce qui arrive n’est pas grave ou ne me dérange pas, c’est seulement que j’aime mieux garder ma précieuse énergie limitée pour ce qui en vaut vraiment la peine.

Bonne chance si vous l’essayez, c’est un vrai défi, mais le bonheur est une superbe récompense.

Marie Pier B.