Ma famille au front de la guerre contre le Covid-19

Je suis chanceuse, une drôle de façon de commencer un texte, mais c’est important pour moi de le souligner. J’ai un amoureux incroyable qui en cette période d’incertitude travaille fort pour nous tous.

Étant moi-même infirmière, je me considère chanceuse de pouvoir rester chez moi et protéger mon bébé du virus.

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Par contre, je vis avec la peur constante que mon conjoint entre en contact avec une personne porteuse et qu’il tombe malade. Au moment d’écrire ces lignes je suis enceinte de 33 semaines et j’ai peur.

Peur à chaque fois qu’un de nous deux tousse ou se sent mal.

Peur de tomber malade et de mettre la santé de mon bébé en jeu. Peur aussi que mon amoureux ne puisse pas être présent à l’accouchement s’il le contracte. Tous les soirs je me couche la peur au ventre. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour ne pas tomber malades.

J’ai dû dire au revoir à mon shower, certains diront que ce n’est pas grand-chose, mais pour un premier bébé c’est toujours un moment attendu.

Le plus gros sacrifice selon moi c’est celui de s’isoler physiquement de ses proches. Après 1 mois sans serrer ma famille dans mes bras, je peux vous dire que je trouve ça difficile.

C’est aussi difficile de concevoir, selon moi, que ma fille va arriver au monde et ne pourra pas être prise dans les bras de toute sa famille qui l’attend impatiemment.

C’est aussi d’accepter que comme mon amoureux est un travailleur essentiel il passera moins de temps avec nous. L’été qu’on avait prévu de passer en famille se résumera à 5 semaines pour le moment. Puis le retour des quarts de douze heures jour et nuit.

Je voudrais remercier tous les travailleurs qui sont au front qui risquent leur santé pour la nôtre.

Pendant cette crise et pour les prochains mois, essayez d’encourager les entreprises locales au meilleur de vos capacités, soyons solidaires.

Pour les mamans qui comme moi vivent cette angoisse je veux vous dire que ça va aller. Que cette pandémie va permettre à notre société de réfléchir et de changer.

Clara De Broux