Ma fille, aujourd’hui, tu t’es endormie dans mes bras…

Qui aurait cru qu’un jour, un événement semblant aussi banal me toucherait à ce point. Je dois l’admettre, en te sentant t’abandonner, lovée sur moi, bien au chaud, j’ai ressenti le plus grand élan d’amour jamais ressenti pour toi depuis ta naissance… C’est intense, certains le penseront, mais quand on connaît ton parcours, cela va de soi.

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Depuis le tout début, tu veux être dans ta bulle.

Tu refusais le peau à peau, tu t’es développée à la vitesse grand V, tu voulais t’endormir seule dès tes premières semaines. J’en ai pleuré de tristesse et de frustration. Moi qui ne souhaitais que te cajoler, te coller. Toi, tu voulais avancer, explorer, mais surtout, tu n’acceptais pas n’importe qui dans ta bulle.

J’avais le sentiment constant d’être à côté de la «track», de ne pas savoir te décoder… J’ai dû me redéfinir en tant que maman, car tu m’as poussée dans mes retranchements.

Il faut dire que tu as eu une traversée houleuse. Ta première année n’a pas été de tout repos. Trois lettres. Trois lettres ont régenté notre vie durant des semaines, des mois: R. G. O.

Ton reflux interne était un mur entre nous.

Avant que nous trouvions les bons outils pour t’aider, te soulager (car en plus de ton reflux, tu avais aussi de fortes intolérances qui nuisaient à ton confort), tu avais déjà quelques mois, et de notre côté, en tant que parents, nous avions déjà plusieurs nuits blanches, à te tenir dans nos bras, à bout de bras, pas collé sur nous, car ta douleur faisait en sorte que tu ne tolérais rien d’autre comme position.

Impuissance, culpabilité, sentiment de ne jamais en faire assez, frustration…

Toute une gamme d’émotions liées à ta douleur, ton inconfort. De devoir constamment expliquer, justifier ton état à tout un chacun, nous fatiguait tellement, que souvent, nous avons fait le choix de rester isolés par facilité. Ton sommeil n’a pas été de tout repos durant ta première année. Un bébé reflux, et bien, la nuit, ça fait plus de reflux et par conséquent, ça ne dort pas bien ni longtemps… J’ai tant pleuré avec toi, tellement douté de moi, de ma capacité à être la meilleure personne pour t’aider. Le jour de tes un an, je me suis sentie délivrée, car je voyais la lumière au bout du tunnel. Ton intolérance était loin d’être partie, mais ton reflux était bel et bien contrôlé et ça, c’était toute une victoire!

Ma fille, aujourd’hui, tu t’es endormie dans mes bras…

Malgré cette situation difficile (et encore, nous avons eu la chance d’être pris en charge dès les premiers symptômes), nous avons tant bien que mal réussi à apercevoir des fragments de ta personnalité. Je dis fragments, car aujourd’hui avec le recul, je SAIS que nous ne voyions que la pointe de l’iceberg! Ta détermination et ta volonté sans limites m’ont toujours impressionnée! J’ai fait si souvent la blague de dire que tu étais une adulte coincée dans le corps d’un enfant. Maintenant, je vois ton caractère enjoué, ta curiosité insatiable… Tu es une petite boule d’énergie sautillante qui nous réserve les plus belles surprises!

Ma fille, aujourd’hui tu t’es abandonnée dans mes bras.

Quand je t’ai sentie blottie sur mes genoux t’abandonner au sommeil, j’ai enfin eu le sentiment d’être sur mon X avec toi. J’ai vu le fruit de tous ces efforts que nous avons déployés, main dans la main avec toi et j’ai pleuré. Pleuré de joie, d’amour infini pour toi ma minette! Mais aussi, pleuré de fierté, car malgré les hauts et les bas, nous avons réussi à établir quelque chose de merveilleux. Un lien fort, basé sur la confiance et en tant que maman, c’est tout ce que je demandais…

Ma fille, aujourd’hui, à l’aube de tes deux ans, je t’ai tenu dans mes bras.

Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu la certitude que le pire était derrière nous. La vie nous réserve plein de belles aventures et de surprises. Ce ne sera pas toujours facile, ce ne serait pas la vie si ce l’était, mais je sais qu’ensemble, la route n’en sera que plus belle. Je t’aime p’tit chat xxx

Maintenant, je souhaite faire un petit clin d’œil à toutes les mamans vivant avec un bébé reflux. Que ton bébé ait une intolérance ou pas. Qu’il soit médicamenté ou pas. Que tu l’allaites avec un régime d’éviction ou pas. Que ce soit ton premier, deuxième ou même troisième enfant, avec ou sans reflux…

NE. DOUTE. PAS. DE. TOI.

TU es la meilleure personne pour aider ton bébé, car TU passes tes jours et tes nuits à ses côtés. ÉCOUTE ton instinct, ta petite voix intérieure.

Même si «matante» Gertrude a beau te dire que dans son temps ça existait pas.

Même si tu te fais dire que tu écoutes trop ton enfant.

Même si tu te fais regarder avec un drôle d’air parce que tu ne le laisses pas pleurer. (Tu fais tellement bien, ça fait mal, tsé!)

Même si tu te fais revirer de bord par des professionnels.

Même si ta meilleure amie ne cesse de te parler de telle ou telle technique pour faire faire ses nuits à ton ti-loup, mais que tu sais très bien que quand tu te pencheras sur la question, tu vas finir par comprendre que ce n’est tellement pas adapté à un bébé comme le tien.

Même si…

Continue, cherche de l’aide, et ne doute pas de tes capacités en tant que maman. Tu fais de ton mieux, et tu avances un jour à la fois avec ton bébé. C’est tout ce qui compte. Être là pour lui.

Et quand tu as besoin d’un break, bien c’est tellement correct aussi. Parce que c’est intense, on va se le dire. Laisse faire les autres, pense à toi, ton bébé, ta petite famille. That’s it.

Mélanie J.