Ma peine d’amour avec l’allaitement.

Cher allaitement,

Avant de te rencontrer, j’avais beaucoup entendu parler de toi. En bien et en mal. Certains ne juraient que par toi, alors que d’autres te détestaient. Je ne savais pas encore de quel côté j’allais pencher, mais j’avais envie de te connaître. Je voulais gagner le défi de te surmonter. Ô comme je t’avais sous-estimé. Mes raisons étaient d’abord très rationnelles.

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Dans les premières semaines de notre relation, tu étais utilitaire sans plus. Tu m’as amenée à me dépasser, mais surtout, à développer ma patience et ma persévérance.

Une fois notre relation bien entamée, il n’y avait plus de doute, c’était l’amour fou. Une vraie lune de miel. Comme toute relation, j’ai parfois remis les choses en question, surtout la nuit vers 3h00 du matin. Le temps a passé et les raisons de poursuivre avec toi n’étaient plus seulement rationnelles, mais également émotionnelles. L’idée de te quitter me brisait le coeur. En plus, tu sais, cher allaitement, les gens avaient leur mot à dire ; «il me semble que ça fait assez longtemps», «quand vas-tu cesser?», «Vas-tu continuer encore longtemps?», «Il ferait surement ses nuits s’il était au biberon». Chacune de ces interrogations ou commentaires me rapprochaient de la réalité; un jour, notre relation sera terminée et je vivrai certainement un énorme chagrin.

Il est vrai que tu m’as apporté beaucoup de bonheur, de moments paisibles et privilégiés. Je peux affirmer que notre relation me rend fière, en plus d’être franchement pratique. De plus, un lien bien spécial me garde encore connectée à ce que j’ai de plus cher, mon enfant.

À un certain point, je ne pensais jamais désirer mettre fin à notre relation.

Puis, un jour, mon bébé a grandi. Ce petit être si merveilleux qui désire découvrir le monde compliquait notre relation. Sa curiosité, son désir d’être autonome et sa grandeur ont augmenté le défi. Je dois t’avouer que la première fois que j’ai troqué notre lien si spécial pour ton compétiteur (aka la préparation) mon coeur s’est fendu. Mon beau bébé n’y a vu que du feu. Les larmes coulaient sur mon visage. Les minutes qui ont suivies, mon bébé s’est collé sur moi, gazouillait, riait, comme pour me mentionner que nous étions rendus là, que c’était correct. Et ce fut, le début de la fin…

Malgré toute la difficulté que cela m’a apportée, j’avais aussi un mini peu hâte de retrouver mon corps et de la liberté. C’est la tête haute et avec beaucoup de fierté que je peux boucler la boucle de cette étape. Je mentirais de le faire en étant pleinement légère, mais c’est ce qu’est la parentalité, nous sortir de notre zone de confort pour le bien de nos minis et le notre.

Cher allaitement, merci pour ces moments précieux.

Et qui sait ? À une prochaine fois peut-être.

Marjorie