Malaises de grossesse: mon premier trimestre

Quand je suis tombée enceinte, je m’attendais certainement à subir certains des symptômes de la grossesse les plus évidents tels que les nausées matinales ou la fatigue.

Je n’avais toutefois aucun doute sur l’intensité de ces symptômes et que mon corps allait réagir fortement aux changements qu’entraîne le développement de l’embryon et du fœtus.

J’ai passé les trois premiers mois de ma grossesse déguisée, contre mon gré, comme la chienne à Jacques. Imaginez un caniche blanc fardé d’une poudre compacte rose fuchsia sur les joues avec un poil moutonneux, le toupet sens dessus dessous et des yeux globuleux: je traînais de la patte, mes passe-temps se limitaient à la télévision et je préconisais le survêtement comme habit de prédilection. Entre les épisodes de fatigue, les nausées abondantes, l’odorat plus sensible et la grande difficulté à me nourrir correctement, je remettais complètement en question ma décision et les raisons pour lesquelles j’avais voulu tomber enceinte.

Épuisée, je m’allongeais sur le canapé et je n’avais aucune motivation pour effectuer les tâches de la maisonnée.

Les premières semaines, j’avais des nausées matinales, mais les choses se sont vite empirées au fil du temps. Mes malaises étaient tellement puissants que mes douleurs abdominales en étaient tout aussi percutantes. Je vomissais du matin au soir ou jusqu’à ce que j’aie l’impression de sentir mes tripes se torsader, se déchirer et se broyer d’elles-mêmes.

Mon corps ne pouvait plus accepter les glucides, les aliments à grains entiers ou n’importe quelles sortes de protéines.

Mon régime alimentaire se résumait donc à quelques bouchées de fruits et légumes et à quelques cuillères de yaourt. Je me sentais affamée, mais dès que j’avalais de la nourriture, mon estomac rejetait tout instantanément.

Un soir, alors que mes cheveux étaient remontés en nid d’oiseau, que mon visage blafard s’affaissait jusqu’à ma mâchoire, que mon acné apparaissait plus intense et que l’odeur de la transpiration m’habitait, j’ai calé un verre d’eau pour m’hydrater et pour tenter d’apaiser mon mal de gorge. À peine quelques secondes plus tard, mon corps a évacué toute cette eau et j’ai craché de la bile jusqu’à ce que mon corps ne puisse plus expulser quoi que ce soit de mon organisme.

J’étais anéantie. J’avais mal.

J’éprouvais une douleur plus qu’insupportable et j’en étais rendue à remettre en question ma décision de devenir maman. Je souhaitais uniquement retrouver le contrôle de mon corps et faire cesser ces terribles sensations désagréables.

Quand des épisodes semblables au précédent se sont succédé, j’ai éprouvé un fort sentiment de culpabilité.

La chose qui se développait dans mon ventre voulait me punir pour avoir eu des pensées aussi odieuses. Mes malaises semblaient s’empirer tout au long de mon premier trimestre et je ne pouvais pas m’empêcher de ruminer des pensées négatives: mon bébé me déteste déjà, nous n’allons pas avoir une belle relation, je vais seulement vivre des moments de maternité difficiles, je ne serai pas capable de m’occuper correctement de lui, etc.

Néanmoins, et avec grand soulagement, tout a basculé comme si aucun malaise n’avait jamais eu lieu aux termes de mon premier trimestre.

Du jour au lendemain, j’ai retrouvé toutes mes capacités physiques et, à l’aube de mon accouchement, un tout autre discours m’habite: je suis prête à accueillir la vie, mon tout petit soleil.

 

Cynthia R.-H.

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À propos de l'autrice

Cynthia Riel-Herbet

Jeune maman depuis juillet 2021, Cynthia s’intéresse de près aux enjeux sociaux tels que le féminisme, l’ostracisation de certaines communautés et aux sujets parentaux. Étudiante en stratégies et animation des réseaux sociaux, elle souhaite œuvrer dans le domaine du marketing numérique.

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