Maman, quand est-ce que je serai grande?

Quand j’étais petite, j’avais tellement hâte d’être une grande personne. Je me déguisais en madame; ce qui voulait dire porter un grand chapeau, un collier de perles, des gants en soie et une longue écharpe. Jusqu’à maintenant, je peux vous confirmer que je ne me suis jamais habillée comme ça. C’est que je ne dois pas encore être une madame…

Quand j’étais petite, j’étais certaine que j’allais être une grande personne le jour où j’allais enfin avoir mon permis de conduire parce que là, j’allais pouvoir aller partout toute seule.

Ce jour-là est arrivé et du haut de mes 16 ans, j’étais loin de ce que je m’étais imaginé.

Quand j’étais petite, je m’étais aussi imaginé que j’allais être une adulte le jour de mes 18 ans. Dans la nuit de mes 17 à mes 18 ans, rien de magique ne s’est produit. J’étais toujours la même. J’avais le droit de vote, j’avais atteint la majorité. C’est vrai.

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J’étais une adulte… sur papier. Dans ma tête c’était autre chose… Maman, quand est-ce que je serai grande?

Peut-être que je serai grande lorsque je déménagerai de chez mes parents?

Peut-être que je serai grande lorsque j’aurai un vrai travail sérieux à temps plein?

Peut-être que je serai grande lorsque je devrai payer des taxes?

Peut-être que je serai grande lorsque je me marierai?

Peut-être que je serai grande lorsque je deviendrai mère?

Tous ces moments sont arrivés. Je suis à l’aube de mes 28 ans et est-ce que je suis une adulte? Oui. Est-ce que je suis adulte? Non. Nuance.

J’étais convaincue que le fait de devenir mère et d’avoir un petit être qui dépend de moi m’aurait fait sentir adulte. Quelle plus grande responsabilité que de devenir parent! Mais non. Je porte encore des Converses bariolés, des jeans troués et j’écoute Le Journal d’une Princesse pour me remonter le moral en mangeant une quantité industrielle de chocolat (appelez-moi Aurélie Laflamme). J’appelle encore parfois ma mère pour savoir si mon poulet est assez cuit et mon père lorsque ma voiture a besoin d’un petit peu d’amour (alors que j’ai un mari très compétent qui pourrait très bien s’en occuper).

Je n’ai pas encore les réponses à tout comme mes parents. Je vais répondre quoi à mon enfant lorsqu’il va me demander c’est quoi du baloney? Un cadeau tombé du ciel? Je vais probablement autant triper que mon enfant lorsque ce sera Noël et que le Père-Noël arrivera (ça fait si longtemps qu’on s’est vu lui et moi). J’ai vraiment hâte de faire du dessin à la craie sur l’asphalte et de jouer à HOMME SUR TERRE! Je ponctue encore mes phrases de genre. Ce n’est pas très adulte tout ça…

L’affaire, c’est que je n’angoisse pas du tout face à l’idée de devenir adulte.

Je me vois vieillir et ça ne me dérange pas, c’est la vie qui passe et qui laisse ses marques. C’est beau. J’ai toujours été très mature. Des fois, je suis limite mamie (je bois des petites camomilles avant de me coucher à 21h un vendredi soir et je dis les Internet). Je suis soit une ado, soit une mamie mais pas l’affaire entre les 2. C’est une belle dichotomie. Dichotomie… c’est un mot d’adulte ça…

J’ai l’impression qu’il me reste tellement de choses à apprendre et à voir encore.

C’est peut-être ça dans le fond être adulte; avoir atteint son plein développement. Et peut-être que je ne serai jamais vraiment adulte non plus. Et ça me va. La vie est tellement plus belle lorsque tous les jours, on apprend quelque chose de nouveau et qu’on grandit. J’embrasse ma personnalité colorée qui fait probablement de moi une personne intéressante et je l’espère, une maman haute en couleurs! Je l’avoue, je ne suis plus une adolescente ni encore une mamie. Je flotte entre les 2 en amenant avec moi un bout de l’insouciance de mes 16 ans parce que les étincelles, les Slushs et les feux de Bengale rendent la vie tellement plus douce!

Et vous? Avez-vous l’impression d’être adulte?

Laurence M.