Maman, tu as le droit de ne pas vouloir le partager ton bébé

Mon bébé a été neuf mois dans mon ventre, 270 jours, c’est presque une année. 270 jours où je l’avais uniquement pour moi, où nous étions fusionnés, connectés, rien ne pouvait nous séparés. Bien que la vie continue, le travail, mon plus vieux, les amis, la famille, et malgré cela, on est toujours bien liés, toujours proche.

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Et puis vient l’accouchement, moment tant attendu, la rencontre, et… devoir te partager.

Nos proches désirent te rencontrer, ça me touche et je suis si fière de te présenter, mais il est difficile de te partager. J’ai un peu l’impression qu’on m’enlève une partie de moi. J’ai besoin d’un moment de transition. Je me sens égoïste, mais j’ai envie de créer une grande bulle autour de nous deux avec ton papa et ton frère.

Les gens aiment ça les bébés, surtout les nouveau-nés, c’est si beau, calme, paisible, c’est la vie.

Moi aussi j’adore ça. C’est un anxiolytique naturel, mais depuis que je suis moi-même maman, je ne demande pas à prendre le nouveau bébé d’une amie, d’une soeur, belle-soeur ou toute autre nouvelle maman. J’attends qu’on me l’offre, et si on me fait cet immense cadeau, cet honneur, je le garde précieusement dans mes bras quelques instants (après avoir religieusement lavé mes mains et m’assurer de ne rien couvrir; wink wink à vous tous qui prenez un nouveau-né) et le redonne à sa maman sans tarder, car je sais et comprends qu’elle doit s’ennuyer et bébé aussi même s’il semble si paisible.

Après tout, ils ont été connectés 270 jours. Le tout sans aucun jugement, mais plutôt une empathie envers cette nouvelle adaptation, la chute d’hormones et le début d’un constant dilemme entre se respecter sans vouloir se faire juger, désirer offrir le meilleur et être la meilleure.

Maman, on s’en fout des autres, si tu n’as pas envie, ne le partage pas ton bébé, car n’oublie pas, ces moments-là ne reviendront pas.

Marjorie C-H