Mamie, papi, je vous aime!

J’aurais pu écrire un texte sur les grands-parents de mes enfants, car ils sont évidemment extraordinaires. Toutefois, même s’ils méritent que j’écrive des milliers de pages sur eux, j’ai plutôt pensé écrire sur mes grands-parents à moi.

J’ai tellement de beaux souvenirs des moments passés avec eux. Pour commencer, je souhaite vous les présenter, parce que leur histoire n’a rien de commun.

Mes grands-parents sont nés en Bretagne, sur la côte ouest de la France (allez jeter un coup d’œil, vous serez émerveillés par ces paysages féériques). Dans leur jeunesse, ils ont connu la guerre. Ils ont été élevés sur des domaines où leurs familles exerçaient le métier de servant(e) pour des familles fortunées. Après s’être rencontrés lors d’une Fest-Noz (fête bretonne) et la guerre désormais derrière eux, ils ont décidé de se lancer dans le vide et de quitter leur pays, tous ceux qu’ils aimaient (sauf un des frères de mon grand-père, déjà établi à Montréal) et tout ce qu’ils connaissaient.

Ils ont pris le bateau (pas un bateau de croisière là, un paquebot) et sont arrivés à Montréal, avec leurs valises, et c’est tout.

Ils se sont trouvés du travail (encore une fois, comme servant(e) dans de riches maisons de Westmount et Outremont). Quelques mois plus tard, ils avaient amassé assez d’argent pour acheter une petite maison en banlieue de Montréal, à Brossard.

Là, ils y ont eu leur premier enfant. La joie.

Malheureusement, 1 an plus tard, leur fils tant aimé décédait des suites d’une méningite. Pas assez d’argent pour offrir un enterrement digne du Clergé, ils ont dû se résigner à le laisser partir dans une simple fausse commune. Puis, comme si le destin s’acharnait, le frère de mon grand-père fut retrouvé assassiné un matin, alors qu’il effectuait sa tournée de laitier, tué par son apprenti pour quelques malheureux 200$.

Quelque temps plus tard, mes grands-parents accueillaient mon père. Puis, 4 ans plus tard, son frère.

Leur famille était complète, mais une partie demeurait de l’autre côté de l’océan. Mes grands-parents ont toujours continué d’aller voir leur famille en Bretagne. Ils y ont longtemps eu une demeure, qu’ils ont dû vendre, faute de temps pour l’entretenir. Cette jolie maison de Glomel dans laquelle j’ai beaucoup de bons souvenirs. J’y suis moi-même allée à plusieurs reprises. Leurs frères et sœurs sont tous à leur image: une grande famille chaleureuse, des bras grands ouverts et profitant de la vie.

Mes grands-parents ont toujours été là pour moi (nous). Ils m’ont toujours encouragé dans mes projets, même lorsqu’ils n’étaient pas très prudents.

J’ai toujours tout pu leur raconter. Je savais qu’ils comprendraient. Jamais ils ne se sont immiscés dans la discipline de mes parents. Ils démontraient un très grand respect à cet égard. Ils nous ont éduqués sur leur passé. Sur la France. Sur la Bretagne. Sur l’histoire. Ils étaient captivants à écouter. Ils ont toujours été vifs, à l’écoute et se tenaient informés sur ce qui se passait ici et dans le monde.

Quand j’ai eu ma fille en 2015, ils devenaient arrière-grands-parents pour la première fois.

La fierté dans leurs yeux, je ne pourrais jamais l’oublier (d’ailleurs, des larmes coulent à l’instant). Puis, en 2018, ils devenaient une seconde fois arrière-grands-parents, cette fois de mon garçon. En septembre 2018, nous sommes partis en Bretagne avec eux et mes enfants (mon fils avait 3 mois!) voir la famille, pour ce qui devait être une dernière fois. Ils ont pu présenter leurs arrière-petits-enfants à ce qui restait de leurs frères et sœurs.

Le plus beau voyage de ma vie et sans doute le leur également.

Aujourd’hui, à 90 ans, ils ont vendu leur maison de Brossard en juin dernier. La même qu’ils avaient acheté quand ils sont arrivés.

Ils profitent aujourd’hui de chaque minute en compagnie d’amis dans une résidence que nous avons pris le temps de magasiner avec eux.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce changement de vie, entourés de personnes comme eux, les a fait rajeunir. Surtout à la suite de ces mois d’isolement en raison du virus.

Je souhaite du fond de mon cœur pouvoir partager encore tellement d’années à leurs côtés.

Je n’ose pas penser au jour où ils poursuivront leur chemin sur une route différente. Mon cœur se serre et je chasse cette idée, je préfère rester dans le déni. Mes enfants auront eu l’incroyable chance de les connaître. Mes enfants, je le sais, conserveront d’aussi précieux souvenirs que les miens.

 

Patricia L.C.

P.S. Si les choses peuvent bien aller, nous prévoyons un autre voyage en Bretagne à l’automne 2022 avec eux.

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À propos de l'autrice

Patricia Le Caroff

Jeune maman entrepreneure de 2 adorables cocos, de 2 et 5 ans, Patricia apprend chaque jour à décoder ses merveilleux petits êtres et se liquéfie au premier mot tendre ou doux câlin. Déterminée et fonceuse, elle rêve de voyage, de bulles et de CrossFit!

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