Mon ménage

Je suis, de loin, cette fille qui ne remarque jamais ton désordre. Mais que tu voies le mien me fait angoisser au plus haut point. Et c’est problématique puisqu’évidemment j’ai des enfants.

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

On va mettre une chose au clair, les jouets de mes enfants ne me dérangent pas.

Ils ont leur place facile à reprendre une fois les tornades au dodo. Mais mes cochonneries qui traînent, que dis-je, qui errent à la recherche de l’emplacement parfait dans mon appartement, me rendent un peu plus folle chaque jour.

Je refoule cette irrésistible envie de monter un bac poubelle chez moi et purger mon environnement. J’aimerais respirer librement sans que ces corps morts pourrissent l’horizon, me volent mon oxygène. J’aimerais ça, une journée, ne pas m’enfarger dans les balais/moppe sans abri, chercher les pinouches de jeux de société subtilisées par ma bébé ninja, chercher mes souliers-clés-brassières-name it!

Je ne peux pas dire que je n’étais pas avertie, tout le monde me disait:

«Oublie le ménage après ton accouchement… bah avec des enfants point! Ça existera pu l’ordre chez toi!»

Mais là, ça devient un sujet de solide mésentente entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche de mon cerveau. Je veux recevoir du monde, mais la visite m’angoisse. Je veux donner des cours, mais mon environnement est trop peu professionnel.

Bref, je m’isole parce que ça me gêne, parce que je sais que je n’arriverai pas à tout gérer avant que la sonnette d’entrée retentisse.

Malgré tout, je garde la tête froide. Je m’encourage en me disant que je préfère des enfants heureux de jouer avec moi qu’une cuisine qui brille. De beaux moments de famille partagés sont plus importants qu’un plancher qui reluit. Il y a un prix à tout, mais rien n’a assez de valeur face au temps passé avec les enfants. Même si je prendrais bien une baguette magique pour faire l’ordre dans mon désordre.

Au yâbe le ménage!

Emmanuelle P.