Partir seule avec soi-même

Après 7 ans à être une maman, aujourd’hui je ne pense qu’à la femme que je suis. Aujourd’hui, je ne suis plus la mère, l’épouse, simplement moi.

Pour me remercier de tout ce temps passé avec nos enfants, mon mari m’offre du temps à moi, seule à l’hôtel.

Ça semble bizarre, certes, j’aurais pu passer des vacances en famille, en amoureux, mais deux jours en tête en tête avec moi-même, c’est ce que mon corps exige.

Je prépare mes valises, prête pour cette belle aventure, un peu triste à la fois de quitter ma petite famille et de partir sans eux.

Je fais mes bisous, mes câlins, encore un et un autre, le départ n’est pas si facile.

C’est bizarre de partir et de savoir que cette nuit je ne vais pas les embrasser. Je les quitte, les papillons dans l’estomac, me demandant si c’est normal de partir sans eux. Honnêtement un peu triste, me disant que ces vacances devraient être en famille, pas simplement pour moi. C’est injuste non?!

Pourquoi suis-je si égoïste? Puis, je repense à mon mari, celui qui me permet de vivre cette aventure, seule, afin de me reposer pour vrai.

Tranquillement, le sentiment de ne pas faire le bon choix disparaît, la tristesse s’estompe alors que les kilomètres nous séparent et enfin je réalise la chance que j’ai. Le bonheur me submerge! Je monte le volume de la musique et je conduis, libre. Libre d’écouter ma musique, sans interruption.

Malgré cette sensation qu’il me manque une partie de moi, je sais que mes amours s’amusent sans moi, qu’ils étaient excités à l’idée d’être seuls avec papa.

J’oublie mes cocos et je pense à la tranquillité qui m’attend.

À l’hôtel, tout est si calme, mes mains sont libres de petites mains, mes bras ne sont pas alourdis par le poids d’un enfant. La chambre est à mon nom. Simplement pour moi. Juste pour moi. J’arpente les couloirs en appréciant le silence, j’entends pour la première fois depuis des lunes le bruit de mes pas sur le plancher. Waouh! Quelle sensation!! J’entre dans la chambre et aucun petit être ne se fraie un chemin avant moi pour tout voir. Je peux tout observer, en premier, sans encombre.

Pire que les enfants, j’ouvre les portes, les tiroirs, j’essaie les interrupteurs, je m’émerveille simplement.

Et puis la vue du lit me submerge de bonheur: un lit king pour ma seule et unique personne. Me prélasser dans ce lit, une nuit entière sans interruption, sans coup de pied, c’est un rêve. Même si je sais fort bien que ma petite personne se retrouvera recroquevillée en petite boule pour dormir, j’apprécie la vue d’un lit aussi immense.

Je profite d’un petit temps libre pour une baignade.

La préparation est si rapide, je ne me souviens pas de la dernière fois où aller à la piscine n’incluait pas de changement de couches et d’enfants courant tout nus…

L’eau est paisible, aucun son. Encore seule avec moi-même sans spectacle aquatique, cris et «splash» d’eau. Relaxer sur une chaise longue après la baignade, sans rien faire. Je me sens au paradis! Me baigner, me doucher, me changer et m’installer pour un repas me prennent moins de temps que la préparation pour une simple marche en famille!

Je me sens au ralenti, je me sens déconnectée d’avec ma réalité.

C’est une sensation étrange, une sensation tout de même agréable. Mais une sensation que je ne pourrais endurer à long terme.

J’aime cette tranquillité, cette quiétude qui me permet de me ressourcer, mais ne rien faire, ne pas avoir personne à s’occuper, à aider, c’est bizarre.

En vieillissant, je retrouverai de plus en plus cette sensation qui deviendra une normalité lorsque les enfants deviendront autonomes. Mais en ce moment, je profite de mon calme, car dans peu de temps je retourne dans ma vie où tout bouge, où le silence n’existe pas (même la nuit!) et où les enfants me donnent des câlins pour la nuit. Je ne sais pas qui s’ennuiera le plus, moi ou eux? Mais il est certain que la prochaine fois ils partiront avec moi, car j’aurais assez d’énergie pour un autre 7 ans!

 

Nathalie L.

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À propos de l'autrice

Nathalie Larocque

Les pyjamas, les mains sales, les bisous collants, les cris, les dégâts: voici le quotidien de cette maman comblée de trois enfants âgés entre 2 et 8 ans. Nathalie est maman à la maison, suit des cours universitaires, travaille à l’écriture d’un roman et fait également l’école à la maison.

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