Peut-être qu’un jour je le saurai que c’est fini?

Avant d’avoir des enfants, je disais que j’en voulais 4. Les grandes familles sont belles et j’ai toujours voulu une maison pleine de vie (et de bruit), des enfants qui, dans le meilleur des mondes, développent une complicité et plein d’amour.

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Étant assez réalistes, mon mari et moi nous sommes dits que nous réévaluerions après le premier.

Notre premier garçon est arrivé et ce fut un vrai charme. Un réel coup de foudre pour la parentalité. Bien entendu, nous avons relevé des défis (aka des nuits blanches), mais il semble que ça ne nous a pas trop traumatisés comme bébé 2 s’est installé dans mon bedon lorsque bébé 1 avait 8 mois. Une belle grossesse, un bel accouchement et un deuxième garçon en santé dans les bras, je vivrais ceci encore 100 fois, OK peut-être pas 100, mais encore.

Il est vrai que je suis immensément chanceuse. J’ai un mari présent, supportant et entièrement impliqué. Un papa en or en amour avec ses enfants. J’ai deux enfants en santé avec de bons tempéraments. Malgré les éléments plus difficiles que peut amener la parentalité, j’y vois définitivement beaucoup plus de positif.

Et c’est à ce moment que mon côté rationnel me dit: «pousse donc pas ta chance» et d’un autre: «j’en aurais encore et encore des petits parfaits comme ça».

Je chéris chaque moment avec ces petits trésors. Je les berce sans compter les heures, m’arme de patience quand la fatigue veut prendre le dessus ou encore quand le presque 2 ans fait sa cinquième crise de bacon pour je ne sais trop quelle raison, je mets de côté les soucis quotidiens pour les observer dans toute leur innocence et leur magie. Je profite du temps qu’ils veulent encore donner des câlins et des bisous à leur maman, mais je suis incapable de me dire que c’est terminé, que c’est la dernière fois que je tiens un nouveau-né dans mes bras, que je porte la vie, que je donne la vie, que j’allaite, que j’ai un petit être qui dort sur moi sans fin, et je pourrais citer 1000 autres choses que je ne suis pas prête à vivre pour la dernière fois.

Je vois mon plus vieux grandir et je trouve ça merveilleux. Le voir s’épanouir, découvrir la vie, développer sa personnalité, s’exprimer, avancer, c’est magnifique. En ayant un deuxième enfant, mon coeur n’a que grossi et mettre un terme à cela est, du moins pour le moment, difficile.

Comment font ces personnes qui savent? OK c’est fini. Vais-je le ressentir un jour?

Marjorie C-H