PLEURER UNE SECONDE FOIS…

Je suis assise dans le salon avec toi, mon petit trésor, endormi sur mon épaule. Le feu crépitant dans le foyer nous enlace d’une chaleur douillette et apaisante. Je sens ton petit souffle dans mon cou, ton odeur de bébé tout neuf qui chatouille mon nez. Ta peau, si douce au bout de mes doigts, me rappelle un instant la douceur fragile d’une rose. 

Comment expliquer ce sentiment à travers des mots ?  Je ne pourrais dire… La seule chose assez forte pour l’exprimer, c’est cette larme qui vient de couler sur ma joue alors que je dépose un baiser sur ta petite tête. 

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Tu es né il y a deux semaines, mais je le vis comme si c’était hier que je te tenais pour la première fois dans mes bras. La vie va si vite, mon petit homme… Tu es là, avec nous… Tu grandis, tu respires… Il n’y a pas un seul de tes regards que je ne considère pas comme une bénédiction.

Ta grande sœur t’aime tellement, ça en est si inspirant. Je me dis que ton papa et moi avons de la chance que vous nous ayez choisis pour être vos parents.

Lorsque ta soeur est née, j’ai passé plusieurs jours à la regarder et à pleurer toutes les larmes de mon corps. Je n’étais pas triste pourtant, j’étais heureuse… Émue, émerveillée, si enivrée par la vague d’amour qui montait en moi et qui ne cessait de monter encore et encore… 

Vivre ces instants était pour moi tellement intense et beau que je me disais que rien au monde n’allait égaler cette émotion.

Aimer comme ça, je l’ai souvent dit, on ne peut jamais être prêt. Pleurer dans cette onde de joie peinte dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, c’est absolument incroyable. Cet amour indescriptible, si puissant et si doux à la fois, était unique et impossible à revivre à nouveau.

Et toi, tu es arrivé dans une ère de grand bouleversement. Tu t’es fait un nid douillet alors que je travaillais très fort pour garder le cap dans nos vies chamboulées par les événements. Je souhaitais rester forte pour notre famille, j’en ai perdu la notion du changement dans mon propre corps. Tu t’es pointé le bout du nez une nuit de pleine lune, avec force et ténacité. Ce fut encore une fois riche en émotions.

J’ai mis du temps à réaliser que tu étais enfin avec nous, que tu venais compléter notre famille.

Au début, je le vivais comme quelque chose de connu, un passage déjà familier. J’étais si heureuse, je te trouvais si beau. Et pourtant, un déclic ne s’était pas encore fait dans ma tête de maman. Je n’avais pas encore pris le temps de te serrer dans mes bras, de te ressentir comme mon enfant, le plus beau joyau de mon univers. 

Et voilà qu’en un instant, le monde a encore une fois arrêté d’exister autour de moi.

Il n’y a ni mal ni lourdeur. Seule une douceur palpable empreinte d’amour, un bonheur indescriptible et une sérénité si douce à l’âme existent en cet instant. Simplement parce que je te tiens contre moi pendant que tu dors, mon petit ange. Ce sentiment si fort qui m’était absolument inconcevable de revivre un jour a soudainement pris possession de tout mon être.

Ce soir, c’est arrivé: j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour une seconde fois…

Gabrielle R.