Pour toi, le papa de mes enfants

On parle beaucoup de la maternité, des mamans et des enfants. Si on parlait des papas?

Cela fera bientôt 12 ans que je partage ma vie avec le papa de mes enfants, et oui, je peux dire que j’apprends encore!

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Il y a certaines choses que j’ai mis du temps à comprendre, comme l’importance de lui donner de la place. Ce que je veux dire, c’est que le papa peut avoir un plus grand impact que l’on croit sur notre vie, notre bien-être, si on lui donne la chance de prendre sa place au sein de la vie familiale. C’est drôle à dire, mais j’approche de la fin de ma dernière grossesse et c’est ce qui m’a donné envie d’écrire ce texte parce que j’ai réalisé quelque chose d’important lors de mon dernier accouchement, il y a un peu plus d’un an. En bref, j’ai eu des accouchements parfois longs et difficiles. Ne pouvant pas recevoir de péridurale pour raison médicale, je dois accoucher naturellement.

Je ne m’en plains pas, bien au contraire, mais lors de mon dernier accouchement, j’ai donné davantage de place à mon conjoint et j’ai pu voir une réelle différence.

Je vous explique. Pendant le travail, j’avais tendance à entrer dans ma bulle, à le garder loin de moi pour ne pas me faire toucher, me faire déranger ou me faire sortir de mon petit cocon dans lequel je tente de bien gérer la douleur et les contractions. Par contre, lors de mon dernier accouchement, c’était différent. Plutôt que de m’asseoir sur le bord du lit, chialer, crier, pleurer, je suis plutôt restée debout. Au départ, je dansais sur «Thriller» de Michael Jackson pour aider bébé à bien descendre et faire travailler mon col. Après peut-être 1h30 de travail, je commençais à avoir de la difficulté à gérer et je pensais aller m’asseoir sur le lit et commencer mon rituel durant lequel je ne contrôle plus mes paroles en raison de la douleur. Sauf que cette fois-là, je ne sais pas d’où c’est venu, mais je suis plutôt allée voir mon conjoint. Je me suis installée en suspension dans ses bras. J’ai fait tout le travail dans ses bras, je me suis couchée seulement pour les poussées et bébé est né à peine 5 minutes plus tard. C’est peut-être une coïncidence vous allez me dire, mais moi, j’ai perçu cela d’une façon totalement différente. J’ai réalisé que même si mon conjoint ne pouvait accoucher ou supporter la douleur à ma place, il pouvait jouer un rôle de soutien incroyable. Juste qu’il soit là, le sentir près de moi m’aidant à soutenir mon corps à chaque contraction, sans dire un mot, même si je lui crie dans les oreilles, pleure dans ses bras et bave sur sa chemise, cela a vraiment fait toute la différence. J’ai eu un superbe accouchement. Un accouchement de 2h45, sans complications, avec un corps qui travaillait super bien pour aider notre petit garçon à naître.

Maintenant, parlons des papas. Je m’ouvre à vous sur le papa qui partage ma vie.

D’abord, il faut lui faire confiance.

Je l’avoue, je suis une mère poule, une «bubble-wrap mom» avec mes enfants. Oui, je suis le genre de mère à trop protéger ses enfants, mais j’ai fini par comprendre qu’un événement dans ma vie avait créé cela, j’y travaille, mais bon, ça, c’est une toute autre histoire. J’aimerais vous dire de faire confiance à votre homme, au papa de votre enfant. Non, mon homme, il ne change pas la couche de mon bébé exactement de la même manière que moi, il ne le fait pas boire ou manger avec les mêmes techniques que moi, il ne lui donne pas son bain de la même façon non plus, mais est-ce qu’il le fait en ayant à cœur le bien-être et la sécurité de son bébé? OUI! Même si sa technique est différente, il le fait, il s’implique, il prend soin de son bébé et c’est bien tout ce que je désire! À ce propos, je regardais ma meilleure amie l’autre jour, elle non plus ne change pas les couches de la même façon que moi et puis ses enfants vont super bien, rassurez-vous!

Ensuite, ne sous-estimez pas la contribution du papa à la vie familiale.

Bon, je sais que c’est bien différent d’un ménage à l’autre, mais chez moi, jusqu’à mon retour au travail, lorsque notre petit cinquième aura débuté la garderie, LE salaire de la maison sera le sien. Grâce à lui, on a un toit, de la nourriture pour tout le monde, les enfants ont des loisirs, on se paie parfois des petits luxes et on vit en toute quiétude. On est bien et on ne manque de rien et oui, je l’avoue, sans lui, on n’aurait pas une vie aussi confortable. Est-ce que je veux enlever ou sous-estimer tout le travail que font les mamans quand je dis cela? Bien sûr que non. Chez moi, durant mon congé, je m’occupe du ménage, de la routine des enfants, de mon plus jeune qui est à la maison avec moi. Je fais les repas, j’envoie les plus grands à l’école et lorsque mon conjoint doit faire des voyages d’affaires, je passe plusieurs jours à tout faire du lever, en passant par le souper, les devoirs, les bains et jusqu’au dodo. Toutefois, ça m’a fait comprendre qu’il peut avoir besoin d’un moment pour relaxer, de prendre du temps pour lui et est-ce que c’est parce qu’il n’est pas content d’être avec nous? Bien sûr que non! Ça m’arrive de sortir prendre un petit café avec mon amie pendant qu’il s’occupe de la routine à la maison avec nos enfants, alors pourquoi pas lui? De temps en temps, c’est normal d’avoir besoin de temps pour soi. Je pense que c’est sain pour tout le monde. Il faut juste que ce soit raisonnable!

Aussi, mais surtout, respectez-vous.

Le respect, c’est l’enseignement le plus important que je tente de transmettre à mes enfants. Je crois qu’il doit constituer la base de tout contact humain. J’essaie d’être un exemple en ce sens pour eux. D’abord, oui comme dans tous les couples, on a des petits accrochages et je pense que c’est normal. Nous sommes des êtres humains, nous nous questionnons, nous analysons et avons parfois des points de vue différents et il n’y a rien de mal à cela. Ce qui est parfois difficile, c’est d’en débattre avec respect. Oui, parfois je bougonne, je chiale, je soupire, mais jamais on ne se chicane devant nos enfants. Est-ce que c’est parce que je veux les protéger de nos chicanes et qu’ils croient que la vie entre une maman et un papa c’est toujours beau, toujours rose? Bien sûr que non! On ne se chicane pas devant eux simplement parce qu’ils n’ont pas à être témoins de nos conflits, ils n’ont pas à se sentir pris entre nous, ni à se demander s’ils devraient être d’accord avec maman ou avec papa. Il m’arrive parfois de dire des choses qui dépassent ma pensée juste parce que je suis trop fâchée et je ne veux pas que mes enfants l’entendent. Je ne veux pas que mes enfants, qui retiennent tout, telles de petites éponges, pensent ou répètent ce que j’aurai dit sous le coup de l’impulsion ou de la colère parce qu’une fois qu’on s’est parlé et que je me suis calmée, ce que j’ai dit n’était pas vrai. Je ne le pensais pas réellement, j’étais juste fâchée. Même si j’avais raison de dire quelque chose de méchant, est-ce que je voudrais que mes enfants retiennent cela quand je parle de leur papa? Non. Est-ce qu’avoir une différence d’opinion, ou de façon de faire, font de mon conjoint un mauvais papa? Non. Ce qu’on peut faire, c’est agir en adulte, trouver un moment calme où il n’y a pas de petites oreilles qui écoutent pour discuter et s’entendre. On devra peut-être faire des compromis, s’expliquer, mais nos enfants n’ont pas à être mêlés à tout cela et c’est la meilleure façon de leur faire comprendre que papa et maman se respectent mutuellement et qu’ils sont, eux aussi, respectés dans tout cela.

Quand mes enfants regardent mon conjoint, c’est leur papa qu’ils voient, leur superhéros, l’homme fort de la maison, celui qui joue avec eux à des jeux de société que maman ne connaît pas ou n’aime pas.

Ils voient celui qui les amène passer une belle journée hivernale à glisser et à jouer dehors parce que maman doit rester à la maison avec le petit dernier qui est fiévreux. C’est ça l’image que je veux que mes enfants gardent de leur papa tout au long de leur vie. Et non le portait que j’aurais pu en tracer en disant un mot de trop dans un accès de colère ou de frustration. Moi, quand je regarde mon conjoint, je veux continuer de voir non seulement le papa de mes enfants, mais aussi mon amoureux. Peu importe ce que la vie nous réserve, je ne pense pas que l’on puisse effacer le bon temps passé ensemble, les fous rires et l’amour qu’on aura partagé. Pourquoi un événement négatif aurait-il le pouvoir de bannir ces années et ces moments passés ensemble? Il peut influencer la suite, la route que nous allons choisir de poursuivre, mais jamais il n’effacera ce que nous avons partagé.

Pour terminer, il faut trouver une façon de prendre soin de notre couple.

Il faut garder en tête qu’avant d’être les parents de nos enfants, nous étions et sommes encore deux amoureux. Récemment, on a commencé une nouvelle formule. Une fois par mois, nous faisons garder nos enfants par un couple d’amis qui a aussi des enfants pour que nous puissions sortir le temps d’un souper en tête-à-tête. Nous échangeons ce service avec notre couple d’amis qui, à leur tour, sortent aussi un soir par mois pendant que nous nous occupons de leurs enfants. Si vous saviez la différence que cela fait!

Mom-of-Boys