Pourquoi je médicamente mon garçon?

Tous les enfants mangent du sable au moins une fois dans leur vie, non? Dans le cas de mon Colin, maintenant âgé de cinq ans, c’est une autre «game»…

Préambule: Colin est un garçon énergique, farceur et adorable. C’est aussi un garçon très impulsif, constamment à la recherche de sensations. Il ne peut pas être laissé sans surveillance.

Le début

Vers ses trois ans, nous avons remarqué que non seulement il portait encore tout à sa bouche, mais qu’il ingérait la plupart des choses également. Du sable, de la boue, des branches qu’il venait de gruger, tout cela ne m’inquiétait pas outre mesure.

Cependant, lorsqu’il s’est mis à grignoter la vitre d’un téléphone, à manger des roues de Hot Wheels, des pelures de peinture, des roches, les batteries de ses jouets, autant à la maison qu’au CPE, là, j’avoue, j’ai eu peur et j’ai consulté.

Le diagnostic

Après plusieurs pédiatres, rencontres en éducation spécialisée, en ergothérapie, le diagnostic tombe. Il a développé du PICA – un trouble de comportement alimentaire consistant à ingérer des substances non comestibles et non nutritives. À cela s’est ajoutée une hypothèse de TDAH avec impulsivité.

Le questionnement sur la médication

Ce n’est qu’après avoir essayé en vain l’éducation spécialisée et l’ergothérapie que la pédiatre, de concert avec plusieurs collègues, m’a proposé d’essayer de médicamenter Colin. C’était un peu notre dernier recours. Elle pensait qu’en diminuant son impulsivité, nous réussirions à diminuer le fait qu’il porte tout à la bouche. Effectivement, cela a énormément aidé. Je n’ai désormais plus peur qu’il se tue en mangeant quoi ce soit, car c’est carrément un enjeu de sécurité. Nous continuons tout de même l’ergothérapie dans l’espoir, un jour, de la cesser.

Comment je perçois le fait de médicamenter mon fils?

Je me sens encore coupable. Très coupable. Or, j’ai appris à vivre avec ce sentiment. Une bonne amie à moi (bonjour Marie…) m’a beaucoup aidé à ce sujet. Elle m’a dit que si mon fils avait besoin de fer pour soigner son anémie, je n’hésiterais pas. C’est la même chose pour son PICA. Il en a besoin. Je suis parfaitement consciente de la surmédication des enfants. S’il n’en avait pas besoin, je n’en donnerais pas. Je reçois encore des appels du CPE pour me demander si Colin a eu sa dose le matin, car il a mangé XYZ… Ce n’est donc pas le temps de cesser la médication. Et depuis qu’il en prend, son langage s’est développé énormément. Un bonus bien agréable.

Pourquoi j’ai écrit ce texte?

Il est temps de mettre fin à la stigmatisation de médicamenter ses enfants. Si la décision est éclairée et pour le bien de l’enfant, le parent n’a pas à se faire traiter de «mauvais/e père/mère» parce que son enfant prend du Biphentin/Ritalin/Concerta/you-name-it. #faitvécuàplusieursreprises. À la place, pourquoi ne pas débattre sur la bonne utilisation de ces médicaments et de l’adaptation de notre vie/de l’école/de la société pour inclure ces enfants. 

Aude L.-C.

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Aude Leroux-Chartré

À propos de l'autrice

Aude Leroux-Chartré

Attentionnée et sensible, Aude est la maman de deux amours de 5 et 6 ans et nouvellement en couple avec un papa de trois trésors de 5, 11 et 18 ans. Sa mission : être heureuse et former des humains responsables et heureux. Ses articles offrent toujours des trucs créatifs originaux!

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