Prendre «la bonne» décision

Tu te lèves ce matin-là pleine de joie, car c’est enfin le grand jour! Le jour de ton échographie morphologique, et aussi celui qui te permettra de savoir (avec la collaboration de bébé) si c’est une petite princesse ou un petit prince qui grandit en toi. Depuis les dernières semaines, tu as peut-être commencé à dresser une liste de noms potentiels et tu débordes déjà de joie à l’idée de dévaler les allées de tes magasins préférés pour garnir la garde-robe de bébé. Aujourd’hui, tu as rendez-vous avec l’inconnu. Dans cette salle trop simplement décorée, c’est avec fébrilité que tu poses ton regard sur l’écran qui te renvoie une image en noir et blanc de ce petit bout de vie qui grandit en toi.

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À ce moment déjà, tu sais que tu l’aimes. Ce petit humain prend une place dans ton cœur (et dans ton corps) dont tu ne connaissais même pas l’existence auparavant. C’est un sentiment que tu ne peux expliquer tellement il est singulier, et même s’il n’est peut-être pas ton premier bébé, il est tout aussi exceptionnel. L’échographie commence et ton partenaire et toi, vous vous regardez de temps en temps en échangeant ce regard complice dans lequel un martien pourrait y lire votre excitation, votre fascination et votre amour. Le personnel médical en place vous explique chacune des étapes de ce «photoshoot» in utérin que l’on fait de votre si petit trésor. Tu aimes le voir bouger.

Mais soudain, tu perçois la salle comme étant plus silencieuse.

Cette ambiance que tu trouvais quelques secondes plus tôt assez chaleureuse te paraît différente, et sans trop savoir pourquoi, un sentiment d’inquiétude commence à naître en toi. Ton instinct maternel est déjà bien présent, et tu te demandes si tout va bien. Le déroulement de l’échographie prend une tout autre tournure et tout d’un coup, ça t’est égal que l’on t’annonce si tu auras un garçon ou une fille. Ce qui t’intéresse désormais, c’est que l’on calme cet étrange sentiment d’angoisse qui tente de trouver logis en ton être, et duquel tu souhaiterais plutôt pouvoir t’affranchir avec l’arrivée de bonnes nouvelles.

Après l’examen, c’est le moment tant attendu. Tu rencontres enfin le spécialiste. Toutefois, ce dernier t’annonce quelque chose que tu as de la difficulté saisir. Tu apprends qu’il te faudra partir au champ de bataille, alors que pourtant personne n’a déclenché de guerre.

C’est alors que tu comprends que ton aventure se complexifie.

Même si l’on te fournissait une dizaine de drapeaux blancs à agiter, c’est une situation que tu ne peux pas mettre sur pause.

Est-ce bien à toi qu’il parle? S’est-il trompé de patiente en te lisant tes résultats? Peut-être leurs appareils ont-ils fait défaut?

C’est bien réel.

Ils ont détecté une anomalie chez ton p’tit cœur.

Tout autour de toi semble s’écrouler et tu aimerais que les sons ambiants cessent de résonner dans tes oreilles. Néanmoins, les paroles des différents médecins et spécialistes que tu rencontres dans les jours qui suivent jouent en boucle dans ta tête et ne cessent de s’imprégner de tout ton être, ainsi que ton esprit.

Tu en fais une indigestion d’informations, car tu sais que tu auras à prendre la décision la plus difficile de ta vie.

Tout ça, c’est de l’ironie! Quand tu deviens parent, il y a une partie de toi qui aimerait pouvoir avoir un contrôle sur ce qui se passe pour ton enfant. Tu aimerais contrôler sa respiration, son sommeil, sa douleur, etc. Mais le contrôle que l’on t’offre présentement, c’est empoisonné, car tu sais que peu importe la direction que tu prendras, ça fera mal. C’est encore plus vif et inattendu qu’une «claque en plein visage».

Dans ton cas, on t’explique qu’il t’est envisageable d’interrompre ta grossesse.

Celui-là, c’est un pouvoir que tu ne voulais pas détenir. Bien que tu saches que quoiqu’il advienne, cet enfant est et restera pour toujours le tien, trop de questions et d’incompréhensions surgissent en toi. Tu te sens brisée, détruite et dévastée.

Ça, c’est l’histoire de rêves assombris par une annonce que l’on veut tous croire comme étant improbable. Une situation dont on est loin de se douter pouvoir avoir à affronter, parce qu’attendre un bébé, c’est synonyme de bonheur non?

Il s’agit aussi de ce qui vous est arrivé mes amis, et c’est pour vous adresser une immense vague d’amour que j’ai décidé d’écrire ces lignes.

Afin que l’on puisse souligner votre immense force, et celle de tous les couples qui comme vous, lors d’une grossesse tellement désirée, doivent faire face à des épreuves immondes. C’est pour que tous, l’on puisse se rappeler que dans de telles circonstances, la seule bonne décision à prendre et à respecter, c’est la vôtre.

Avec mon appui bondé de sincérité, chers parents, je vous envoie du courage à profusion.

Noëmie