Quand la vie m’a forcée à ralentir

On a tous notre lot d’épreuves. Particulièrement depuis mars 2020.

S’il y a une chose que je retiens de la pandémie, c’est la fragilité de la santé mentale.

Même en 2021, cela reste un tabou.

Laissez-moi vous raconter mon histoire.

Solo mom depuis 5 ans , je me croyais en plein contrôle de ma vie. De nos vies.

Ma mini et moi, notre petite vie dans notre logement, une job que j’aime.

Un soir, je suis partie du travail 15 minutes plus tard que d’habitude. Anodin, on pourrait penser. Sauf qu’un autre humain a cru bon texter au volant (même si ce n’est pas la version officielle: le soleil était aveuglant, tsé.)

Ce jour-là, ma vie a changé.

La voiture perte totale. J’entends encore le bruit et je sens l’odeur des airbags. La première pensée qui m’est venue: je dois appeler mon ex pour qu’il aille chercher notre fille à la garderie. Puis la panique. L’appel au 911. L’ambulance qui arrive pour m’amener à l’urgence. Mais ma fille a besoin de son antibiotique pour son otite! (I know. Ça aurait pu attendre. Mais pas pour mon cœur de mère cet après-midi-là.)

Une nuit à l’urgence. Tu vas avoir mal à la tête fille. Puis un bleu ou le airbag t’a frappée, pendant 2 mois.

Mais ça tu le sauras que plus tard. Puis vient l’anxiété, cette nouvelle «amie» qui fera maintenant partie de ton quotidien. Mais ça non plus, tu ne le sais pas encore.

La douleur.

Tu te dis que c’est normal, que ça va passer. Puis tu réalises que non. Le duo angoisse/douleur fait maintenant partie de ta vie. Même un an plus tard.

Puis un accident vraiment stupide. (C’est toujours stupide un accident, right?)

Puis ton amie douleur décide qu’elle devient ta bff.

Certains soirs, je suis fâchée.

Fâchée après la vie, de m’empêcher de faire ce que je veux, ce que je devrais être en mesure de faire. Ma tête, certains soirs du moins, est top shape: je danse seule dans mon appart en passant l’aspirateur! Mais mon corps ne veut plus. Il m’envoie des signaux qu’il est temps d’arrêter, de prendre une pause jusqu’à demain.

Ma nouvelle réalité. Apprendre à m’écouter, à lâcher prise.

La poussière peut m’attendre. Mon orgueil peut aller se coucher, mon corps a besoin de moi.

Ma réalité à moi, mais qui peut s’appliquer à tous, différemment.

À go, on ralentit.

Physio, ergo, acupuncture, rien ne vient à bout de la douleur. Puis je dois me rendre à l’évidence: depuis des mois, je repousse l’inévitable «break» . Parce que c’est dans ma tête. Parce que je suis plus forte que ça. Mais c’est justement ça l’affaire: l’accepter n’est pas une question de faiblesse, mais plutôt d’être enfin à l’écoute. Parce que ce n’est pas une vie, de «dealer» avec des douleurs chroniques à 35 ans. Toutes les sphères de ma vie sont maintenant affectées: il est temps de le reconnaître, l’accepter et de prendre action. Parce qu’il est là le moyen de reprendre contrôle.

4 mois se sont écoulés depuis cette prise de conscience.

Avec toute une équipe de thérapeutes derrière moi, j’ai réalisé que la majeure partie du travail, je suis la seule qui peut le faire. J’ai appris à gérer les douleurs, et gérer l’anxiété.

Ne vous méprenez pas: chacun des professionnels rencontrés m’a fait progresser. Chaque situation personnelle est différente.
Mais le travail final, dans mon cas, celui qui a changé la donne, c’est celui qu’on décide de faire sur soi-même.

Ma vie ne sera plus jamais celle qu’elle était avant cet après-midi de mars 2019.
Mais oh combien j’ai appris depuis cette date.

La chose la plus importante d’entre elles:
Je suis la seule à pouvoir prendre vraiment soin de moi.

À go, on ralentit, pour notre bien.

Marie-Pier

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À propos de l'autrice

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